‹ Leçons sur la philosophie chimiqueChapitre 17 sur 43 · ORIGINES DE L\ CHIMIE · texte numérisé non relu

ORIGINES DE L\ CHIMIE

toute autre explication, nous ne pouvons nous empêcher (le convenir qu'elle n'a pas encore tout à fait tenu parole.

Eh bien, c'était une exagération de cette nature sur l'étendue du pouvoir du feu qui égarait les alchimistes. Ils avaient remarqué qu'à l'aide du feu on parvenait à faire passer les minerais de l'état terreux à l'état métallique ; ils s'imaginaient que les terres subissaient alors un degré de perfection qui permettait d'en espérer un nouveau ; ils en concluaient qu'étant bien conduit le feu devait amener les métaux communs à un état plus parfait. De là l'idée de leur conversion en argent et en or.

Il a fallu une longue expérience, des efforts nombreux et pénibles, que ne couronnait aucun succès, et des exemples éclatants du triste état où conduisait cette déplorable manie , pour détourner les esprits de ces idées qui s'y étaient profondément enracinées. Toutefois, au milieu de leurs illusions, au temps de leur domination comme à celui de leur décadence , les alchimistes ont rendu constamment service à la Chimie, comme on l'a remarqué, en publiant sans voile et sans détour toutes les observations qui leur semblaient inutiles au but constant de leurs travaux. lisse réservaient au contraire, avec un soin jaloux, et déguisaient de cent manières les opérations relatives au grand œuvre; mais ils ne se

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réservaient que celles-là. Singulière préoccupation (jui les portait à mépriser la vérité pour adorer l'erreur; singulier partage de connaissances, où, s'ap- |)ropriant les idées fausses et nuisibles, et les cachant sous le boisseau, ils semaient à profusion et sans regret les idées vraies et nécessaires au progrès de l'humanité î

Mais nous arrivons à une époque où des vues plus saines commencent à se répandre, et qui vit s'élever presque en même temps trois corps savants (jui ont exercé une influence incontestée sur les progrès des sciences. Le premier est l'Académie del Cimento, fondée en i65i, qui a illustré la Toscane. Onze ans après s'établit la Société royale de Londres, destinée à jouer un rôle non moins brillant et j)lus durable. Enfin, en 16G6, l'Académie royale des Sciences de Paris vint s'associer à ce mouvement de l'esprit humain.

Celle-ci compta parmi ses premiers membres un homme distingué, Nicolas Le Fèvre, qui peut servir de type pour les chimistes de son époque, et avec d'autant plus de raison, qu'il lui a été donné de l'onder l'enseignement de cette science dans les deux royaumes les plus importants de l'Europe civilisée.

Il avait fait ses études dans l'Académie protestante de Sedan. S'étant signalé en Chimie etenPhar-

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