‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 101 sur 289 · GAZ DU POUMON APRÈS L'EXPIRATION · texte numérisé non relu

GAZ DU POUMON APRÈS L'EXPIRATION

trique. Tenons compte de cette dépression et de la température que marque un thermomètre placé dans le flacon; laissons rentrer doucement l'air extérieur jusqu'à ce que l'équilibre de pression soit rétabli ; puis, renversons notre flacon, ses deux robinets fermés, sur la cuve à mercure : nous pourrons en extraire une certaine quantité de gaz, et l'analyse de celui-ci nous permettra de calculer la composition du gaz que contenaient les poumons après l'expiration forcée. J'ai trouvé ainsi 8 pour 4 00 d'acide carbonique, et 12 pour 100 d'oxygène. Je ne donne cependant ces chiffres qu'avec une approximation de 1 pour 100 environ, vu l'importance que les moindres causes d'erreurs peuvent prendre dans un pareil calcul.

L'inspiration apporte une notable quantité d'air frais qui se mélange avec cet air impur. Si nous appliquons à ces données les chiffres fournis par le récent travail de Gréhant (1), nous trouverons les résultats suivants :

Après l'expiration, chez un homme, il reste dans les poumons environ 2 lit. 70 de gaz, qui, suivant les chiffres précédents (12 et 8) contiendraient :

Oxygène 324 centim. cubes.

Acide carbonique 216 —

Azote 2160 — '

Par l'inspiration, il entre dans les poumons un demi-litre d'air, dont les deux tiers seulement se distribuent uniformément dans les bronches ; ces deux tiers de demi-litre

500 cc X 2

= 333 cc 33 contiennent :

Oxygène , 69,99 centim. cubes:

Azote 263,34 —

(1) CCVI.

IG'l DES MILIEUX ItLSPlKABLLS.

ajoutés aux gaz préexistants, qui donnent :

Oxygène 393,99 centini. cube*.

Acide carbonique 210 —

Azote 2423,34 —

soit, en composition centésimale,

Oxygène 12,9

Acide carbonique 7,1

Ajoutez ou retranchez, si vous le voulez, 1 ou 2 pour 100 dans la proportion de ces gaz, car il ne faut pas demander à ces chiffres une exactitude qu'ils ne comportent pas, puisqu'ils proviennent d'expériences faites par des méthodes différentes, sur des animaux différents; vous en arriverez cependant à admettre que le conflit du sang avec l'air s'exécute en présence d'un mélange gazeux, qui contient déjà de 5 à 8 pour 100 d'acide carbonique, et ne possède plus que de 11 à ll\ pour 100 d'oxygène. Ce sont là des faits dont la valeur saisissante n'a peut-être pas été mise suffisamment en évidence par les livres de physiologie, et qui dominent toute l'histoire des échanges gazeux chez les animaux mammifères. Il serait à désirer qu'ils fussent étudiés à nouveau, et que les chiffres eussent plus de précision, au moins pour ce qui a rapport à une espèce animale donnée; mais cela ne pourra se faire que lorsque Gréhant aura appliqué son ingénieuse méthode à l'étude de la mesure des poumons de ces animaux, et de leur coefficient de ventilation pulmonaire.

Après ces remarques sur la composition chimique des milieux auxquels le sang va emporter son oxygène pour leur restituer de l'acide carbonique, nous allons entrer maintenant dans l'étude des appareils respiratoires dans la série animale, et des phénomènes mécaniques de la respiration.

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