DOUZIÈME LEÇON
DES MÉCANISMES RESPIRATOIRES (suite).
Anhelés : Vers, Annélides. — Articulés : Crustacés, larves d'Insectes.
Utilité de la méthode graphique. — Description des appareils enregistreurs en général, et des instruments qui seront employés par la suite pour inscrire les mouvements respiratoires des animaux vertébrés.
Messieurs,
Dans les rangs inférieurs de l'embranchement des Anaelés, nous retrouvons chez les Turbellariés et chez les Vers intestinaux, une respiration diffuse et immédiate s'exerçant à travers la peau. 11 en est encore ainsi pour certaines Annélides comme les Syllidiens, lesLombrinères, et particulièrement pour les Sangsues ; mais chez ces animaux il existe un véritable sang, distribué quelquefois dans des lacis vasculaires d'une admirable richesse (voy. CI, fig. 1 et fig. 3), et qui sert d'intermédiaire entre la peau et le reste de l'organisme.
Chez la plupart des Annélides, le corps présente en des points divers des saillies branchiales, dont la forme et la situation ont. grandement servi aux zoologistes pour l'établissement des classifications. Tantôt ce sont de longs filaments péri-buccaux (Térébelles, Serpules), tantôt des saillies, des houppes, des panaches de formes très-diverses (fig. 15, a), et qui sont ordinairement en rapport avec les organes locomoteurs^) sur une région plus ou moins étendue du tronc.
Il est remarquable que certains de ces appendices seuls reçoivent du sang, tandis que dans les autres pénètre exclusivement le liquide que contient la cavité générale du corps. De là, pour de Quatrefages (1) et Williams (2), qui ont dé-
Fig. 15. — Organe respiratoire de VAmphinoma, d'après J. MuLler*.
couvert ces faits, l'existence de branchies sanguines et de branchies lymphatiques où peut simultanément se faire une double respiration par deux liquides différents. 11 n'est pas prouvé, il est vrai, que ces liquides soient tous les deux aptes à se charger d'une grande quantité d'oxygène et à le céder ensuite aux tissus avec lesquels ils entrent en contact, ce qui est le caractère d'un véritable liquide respiratoire. Mais une expérience élégante de de Quatrefages a du moins montré que le liquide lymphatique peut, dans ses branchies, respirer pour son propre compte ; ayant injecté dans la cavité générale du corps d'un Branchellion une substance avide d'oxygène et qui change de couleur en s' oxydant (pré- Ci) CIL (2) cm.
a. Branchies ramifiées. — b. Rame dorsale. — c. Rame ventrale.