ANNÉLIDES. — CRUSTACÉS
cipilé formé par le mélange de cyanoferrure de potassium et d'un proto-sel de fer), ce naturaliste vit les branchies lymphatiques se colorer en bleu intense, ce qui met en évidence la propriété, qu'elles partagent au reste avec toute membrane organisée, deselaisser facilement traverser par l'oxygène de l'eau.
Le renouvellement de l'eau à la surface de ces différents organes n'est effectué que par leur propre agitation au sein du liquide ou par les mouvements généraux du corps. Il faut remarquer, en outre, que les branchies, et presque exclusivement celles dans lesquelles pénètre seulement le liquide cavitaire, sont munies de cils vibratiles; il y a là une sorte d'antagonisme singulier entre le renouvellement du mriieu intérieur par la circulation, et celui du milieu extérieur par l'agitation vibratile.
Dans les types inférieurs articulés des Crustacés, chez les Parasites siphonophores, chez les Cyclopes, chez les Phyllosomes et la plupart des autres larves de cette Classe où les métamorphoses, jadis niées, ont été de nos jours si fréquemment constatées, la respiration doit s'exécuter d'une manière sensiblement égale sur tous les points de la surface du corps. Mais chez la plupart des Crustacés, dont la peau est endurcie par des matières chitineuses et calcaires , certaines régions acquièrent une finesse de' téguments, une richesse vasculaire, qui les rendent éminemment aptes aux échanges respiratoires. Or, il est très-remarquable que, dans toute la classe, l'appareil respiratoire « se constitue, d'abord, comme le dit excel- » lemment Milne Edwards (1), à l'aide d'emprunls faits s au système locomoteur, et demeure presque toujours
(1) civ, t. II, p. 94.
192 DES MÉCANISMES RicSPlRATOllllis.
» en connexion plus ou moins in lime avec cet appareil *.
Prenons, en effet, comme un des exemples du développement le plus parfait que présente dans ce groupe l'appareil respiratoire, prenons, dis-je, une Écrevisse commune. De chaque côte du céphalothorax, nous voyons immédiatement un repli descendant de la carapace former une sorte de chambre fermée en haut et sur les côtés, ouverte seule-
Fig. 16. — Appareil respiratoire d'un Homard; la partie latérale de la carapace, formant la paroi externe de la cavité branchiale, a été enlevée. — D'après Milne Edwards (1)*.
ment au-dessous par une longue fente. Si nous enlevons celte voûte ( voyez la figure 16 ) , nous apercevons , rangées verticalement le long du thorax , un certain nombre de pyramides g qui sont les branchies. Ces pyra-
(1) CIV, pl. 10, fig. 1.
* a. Base de l'abdomen. — b. Cavilé branchiale. — c. Carapace. — d. Paltes-màclioires externes. — e. Fouets des pattes. — f. Base des pattes. — g. Branchies. — h. Canal effé rent de la respiration. — i. Orifice externe de ce canal. — j, j. Grande valvule motrice appartenant à la mâchoire de la deuxième paire. — fc. Appendice llubolliforme de la première patto-mâchoire, constituant le plancher du canal effèrent.