CONDITIONS DE LA RESPIRATION AÉRIENNE
surtout sa faible densité, sont deux circonstances qui tendent à contrebalancer, quant à l'intensité des phénomènes, l'influence de la richesse oxygénée. En effet, d'une part, l'animal, par une certaine surface, est susceptible d'absorber plus d'oxygène en un temps donné ; mais, d'autre part, ses organes aux minces parois, perdant incessamment de l'eau, tendent à se dessécher et à devenir imperméables au sang, tandis que les membranes plissées qui, flottant dans le liquide, s'y étalaient librement, s'affaissent l'une sur l'autre dans l'air et diminuent ainsi considérablement de surface.
Vous ne devrez donc pas être étonnés d'entendre énoncer ces deux propositions en apparence contradictoires : 1° toute surface apte à la respiration aquatique l'est également à la respiration aérienne, avec une intensité plus grande encore ; 2° les organes de respiration aquatique ne sont que trèsrarement susceptibles d'entretenir la vie des animaux lorsque ceux-ci sont amenés de l'eau dans l'air.
De là suit la nécessité, pour une respiration aérienne active, d'organes construits de manière à multiplier les surfaces, sans craindre un affaissement ni une dessiccation. Cette disposition est réalisée dans la nature par des cavités creusées dans l'épaisseur même du corps, cavités plus ou moins tubuleuses, munies de ramifications plus ou moins nombreuses, terminées en culs-de-sac, et soutenues par des parties solides qui maintiennent leur calibre béant. Dans l'embranchement des Articulés, ce sont des trachées ; dans celui des Vertébrés, des poumons.
L'air pénètre dans ces tubes ouverts, et il s'y renouvelle par un procédé spécial dont les Holothuries, les Céphalopodes et les Poissons nous ont présenté une sorte d'ébauche ; il ne peut plus être ici question d'agitation au sein du fluide oxygéné, pas davantage de courant dirigé dans ces cavités
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qui n'ont qu'une issue : un mécanisme nouveau intervient. Des mouvements alternatifs de dilatation et de contraction du corps tout entier, changeant les conditions de la pression gazeuse dans l'intérieur des conduits aériens, font qu'alternativement l'air entre ou sort, est attiré par raréfaction ou chassé par compression. L'animal aérien devra donc être muni d'une enveloppe relativement solide qui puisse supporter sans fléchir sensiblement les différences en plus ou en moins de la pression intérieure sur la pression extérieure.
Aussi, chez tous, nous rencontrons un squelette soit cutané (Articulés), soit sous-cutané (Vertébrés), sur lequel s'exercent, sans que l'appareil respiratoire ait à en souffrir, ces efforts de l'atmosphère. Et lorsque la solidité des parois n'est pas assez grande, comme chez les larves d'Insecte, nous trouvons l'appareil lui-même muni de parties solides et protectrices ; de plus, les parois du corps possèdent des fibres musculaires striées, dont la contraction subite et énergique présente pour un effort passager une rigidité passagère.
Le squelette (sauf une seule exception présentée par les Tortues) n'est jamais d'une seule pièce. Toujours nous le voyons composé d'anneaux solides, disposés parallèlement les uns aux autres et perpendiculairement à l'axe du corps, anneaux formés eux-mêmes chacun de plusieurs pièces, de sorte que l'agrandissement et la diminution du volume des appareils respiratoires est dû à la fois au jeu de ces anneaux et de ces pièces qui, tour à tour, se rapprochent et s'écartent.
A côté de ces indications générales d'ordre anatomique, devraient prendre place des considérations purement physiologiques. Nous pourrions nous demander déjà, par