CONDITIONS DE LA. RESPIRATION AÉRIENNE
exemple, si dans ces mouvements successifs d'appel et de rejet de l'air, les orifices par lesquels ce fluide peut entrer sont assez grands pour suffire au débit de la pompe respiratoire, s'il y a, en un mot, une dilatation réelle ou virtuelle, une compression réelle ou une compression virtuelle, dans l'intérieur de l'appareil, aux différents temps de la respiration. Nous pourrions, encore, chercher ici quelle proportion d'air est appelée à chaque inspiration, ce qui reste dans l'appareil après une expiration ordinaire ou une expiration maximum, et étudier la question de la ventilation respiratoire. Mais ces questions et plusieurs autres seront mieux placées lorsque nous en arriverons aux animaux vertébrés à propos desquels elles ont été spécialement soulevées, et où nous les étudierons en ce qu'elles présentent de plus général.
Avant même de commencer l'étude des appareils trachéens à l'aide desquels est opérée la fonction respiratoire aérienne dans le sous-embranchement des Articulés, il convient que nous disions quelques mots de la manière dont respirent l'air en nature un certain nombre d'animaux appartenant aux groupes inférieurs des Invertébrés, et, en outre, certains Poissons.
Sauf un petit nombre d'exceptions, les animaux de ces divers groupes ne vivent pas normalement à l'air libre. Sans cloute, beaucoup d'entre eux restent exposés pendant un temps plus ou moins long, à l'action de l'air, principalement parles vicissitudes des marées, telles par exemple, les Astéries, les Actinies, les Ascidies, telles les Talitres, tels plusieurs Crabes, etc. Ils continuent à vivre parmi les herbes ou sur le sable mouillé, à l'abri de la dessiccation, et absorbant suffisamment l'oxygène par la surface générale de leur corps et leurs organes respiratoires plus ou moins affaissés. Il arrive
même quelquefois, dans ces conditions, que l'absorption d'oxygène est plus considérable qu'elle ne l'est dans l'eau ; et d'une autre part, comme le milieu dans lequel ils vivent alors est moins conducteur delà cbaleur que ne l'est l'eau, on a vu s'élever la température propre de ces animaux enlevés à leur élément naturel. C'est ce que Spallanzani (1) avait déjà vu pour plusieurs poissons, et ce qui a été de nouveau constaté par Valentin (2) pour les Aplysies. La respiration cutanée directe, cbezles Poissons, est depuis bien longtemps connue.
Un des exemples les plus remarquables de la respiration s'effectuant directement par la surface générale extérieure, soit aux dépens de l'oxygène dissous dans l'eau, soit aux dépens de l'oxygène aérien, est celui que m'ont fourni les œufs des Batraciens, ou plutôt les jeunes larves de ces animaux au début de leur développement embryonnaire. La respiration aérienne est alors plus active que la respiration aquatique, et les conséquences de cette activité plus grande m'ont paru trop intéressantes pour que je ne vous entretienne pas de ces faits.
Les Batraciens, même ceux qui vivent habituellement de la vie terrestre, s'en vont tous pondre dans l'eau, où devront séjourner plus ou moins longtemps leurs larves. Les œufs sont agglutinés en masse ou en cordons flottants à la surface de l'eau, ou bien attachés à des herbes submergées. Leur développement se fait toujours dans l'eau même, et l'on n'a pas manqué de trouver dans leur structure certaines raisons de finalité en vue de cette condition. Or, j'ai constaté, non sans quelque surprise, que ces œufs se développent beaucoup
(1) XIX, t. I, p. 181.