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QUINZIÈME LEÇON

DES MÉCANISMES RESPIRATOIRES (suite).

Adaptation des appareils de respiration aquatique à la respiration aérienne. Raison de la longue survie hors de l'eau de certains poissons (Anguille Carpe, Lamproie, etc.) : elle n'est pas due à la structure de leurs appareils respiratoires, mais aux propriétés de leurs éléments anatomiques. — — Respiration aérienne de certains poissons. — Vessie natatoire (Armand Moreau).

Poissons. — L'élude des modifications qui font de certains Invertébrés des animaux à respiration aérienne nous a occupés pendant quelques instants à la fin de notre dernière leçon. La survie plus ou moins longue des Poissons lorsqu'on les amène de l'eau dans l'air, la cause de leur mort qui survient enfin, l'existence chez certains d'entre eux d'appareils spéciaux qui leur permettent de vivre longtemps et presque habituellement dans le milieu aérien, ce sont là des faits plus intéressants et qui méritent de nous arrêter plus longtemps.

Un poisson ordinaire étant retiré de l'eau, s'agite et meurt plus ou moins rapidement. A quoi est due cette mort ? Les anciennes idées sur le rôle de la plus grande densité de l'atmosphère comparée à celle de l'air dissous dans l'eau, ne méritent plus d'être aujourd'hui discutées.

256 DES MÉCANISMES HLSPIRATOIRES.

Cuvier, puis, plus récemment, W. Edwards (1), ont donné à la dessiccation des branchies qui adviendrait dans ces circonstances une influence que beaucoup de physiologistes considèrent encore comme prépondérante. Et cependant W. Edwards lui-même avait vu (2) que, lorsqu'on soulève les opercules d'un poisson de manière à mettre les branchies au contact de l'air, l'animal vit beaucoup plus longtemps, grâce à cette « espèce de respiration artificielle », pendant laquelle la dessiccation de la branchie est évidemment favorisée.

Flourens (3) reprit et développa cette dernière expérience ; il fit voir que plus on écarte les branchies, plus le poisson vit longtemps, exposé cependant à des causes plus actives de dessiccation. Portant plus particulièrement son attention sur l'affaissement qu'éprouve l'appareil branchial lorsqu'il est sorti de l'eau, Flourens montra que la diminution de l'étendue des surfaces respiratoires est alors la véritable cause de l'asphyxie, de la mort. La dessiccation ne peut avoir qu'une influence à très-longue portée, si l'on peut ainsi s'exprimer, et qui n'intervient que peu ou pas dans les conditions ordinaires.

Nous avons disposé trois expériences qui montrent bien l'exactitude de cette conclusion. Voici, dans ce même vase, deux poissons de même espèce, deux Goujons : l'un est simplement couché sur le fond du vase, l'autre est suspendu par un hameçon passé dans les mâchoires ; dans ces conditions, son appareil branchial est ouvert, et ses arcs et ses filaments branchiaux sont écartés les uns des autres autant

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