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CAUSES DE t. A MORT DES POISSONS DANS l'aIR. 25?
que possible ; il est, par conséquent, soumis beaucoup plus que l'autre aux causes de dessiccation, mais ses surfaces respiratoires sont beaucoup plus développées. Or, le premier Goujon est mort il y a environ une demi-heure ; le second vit encore un peu.
Dans ces deux autres flacons, dont la capacité est trèsconsidérable par rapport au volume des animaux (li litres), nous avons semblablement suspendu deux Goujons. Un des flacons est plein d'air ordinaire; au fond du second flacon se trouve une couche d'eau qui a dû, depuis un jour, saturer d'humidité l'air qui est resté à son contact ; le poisson a été rapidement introduit, et il est mort dans le même temps que celui du flacon à air presque sec.
Voici enfin deux Goujons semblablement placés dans des cloches de volumes égaux etrenversées sur le mercure, duquel une rondelle de bois sépare les animaux. L'une de ces cloches contient de l'air, l'autre de l'oxygène, desséchés tous deux. Or, le poisson placé dans l'air est mort plus d'une heure avant celui qui respirait de l'oxygène pur et qui était soumis aux mêmes causes de dessiccation.
La respiration de l'oxygène pur a amené chez ce dernier un résultat assez singulier. Les teintes de sa peau ont pris un éclat remarquable et qui persiste encore après la mort ; il s'est revêtu d'une sorte de livrée, comme font beaucoup de poissons à l'époque des amours. Il est donc possible que dans l'état de nature, la richesse des couleurs que présentent alors ces animaux, couleurs qui pâlissent, au reste, quand on les asphyxie, soit en partie la conséquence d'une activité plus grande des actes respiratoires.
Des expériences ci-dessus rapportées nous tirons cette conséquence que la mort d'un poisson dans l'air est due à
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une asphyxie consécutive à la diminution de l'étendue des surfaces respiratoires.
Ceci posé, pourquoi deux poissons d'espèce différente vivent-ils inégalement hors de l'eau, résistent-ils inégalement à l'asphyxie aérienne? Pourquoi unHareng, par exemple, périt-il en quelques minutes après qu'on l'a tiré de l'eau, tandis qu'une Anguille vit encore au bout de plusieurs heures?
Les physiologistes sont unanimes pour répondre : cette inégalité tient à la disposition différente des appareils branchiaux. Chez le Hareng, disent-ils, les ouïes, très-largement fendues, laissent immédiatement échapper l'eau, et les branchies se dessèchent aussitôt; chez l'Anguille, au contraire, la cavité des opercules constitue un véritable sac à orifice étroit et reculé, et dans lequel l'animal peut aisément conserver de l'eau, ou tout au moins de l'humidité. C'est là une explication qui dérive naturellement de l'hypothèse de W. Edwards. Mais nous avons vu ce qu'on devait penser des conséquences de l'action desséchante de l'air, et il faut vraiment un peu de bonne volonté pour croire que les branchies d'un Hareng se dessécheraient en si peu de minutes, quand le corps de l'animal est encore ruisselant d'eau.
Flourens n'a pas* pour résoudre cette question, tiré de conséquence suffisante des faits qu'il avait mis en lumière* Il attribue, lui aussi, la survie des Anguilles à l'existence du sac fermé qui, toujours rempli d'eau, permet aux branchies de flotter et de se développer dans le liquide. Or, il suffit de ponctionner le sac operculaire d'une Anguille à sec pour voir qu'il ne contient pas, et qu'il ne peut pas, à cause des mouvements de l'animal, contenir d'eau.
Au reste, l'expérience directe montre qu'une Anguille privée de ses opercules conserve ses avantages à peu près au même degré qu'une Anguille intacte. Ainsi, un Goujon intact,