VESSIE NATATOIRE
spongieuse du Gymnarchus jusqu'au poumon des Batraciens; bien mieux, le Polyptère du Nil nous présentera deux sacs aériens, dont l'orifice est, comme celui d'une trachée-artère, situé sur la paroi inférieure de l'œsophage. Nous serons donc tout disposés à faire de ces sacs de véritables poumons. Mais les connexions vasculaires et nerveuses s'opposent à celte manière de voir; et si nous ne considérons comme analogue du poumon qu'un organe recevant du sang qui revient du corps et des nerfs qui émanent du pneumogastrique, il nous faudra renoncer à regarder comme telle la vessie natatoire, même chez le Polyptère. Il en est ici comme dans la plupart des questions d'analogie anatomique où, le critérium étant arbitraire, les solutions varient avec l'imporlance qu'il plaît à chaque auteur d'attacher aux divers caractères.
La même réflexion s'applique aux discussions dont a élé le sujet la place qu'il convient de donner aux deux étranges Lepidosirens (L. annectens, L. paradoxa). Pour nous, nous ne nous inquiétons pas de savoir si des animaux qui ont une colonne vertébrale de Poisson et dont le sang circule comme celui d'un Batracien, sont des Batraciens ou des Poissons; mais nous ne devons pas oublier de vous rappeler que ces intermédiaires paradoxaux possèdent à la fois des branchies comparables à celles d'un poisson ordinaire, avec même une branchie accessoire operculaire, et de véritables poumons munis d'une courte trachée, et analogues à ceux dont nous allons parler chez les Batraciens pérennibranches. S'il faut même en croire la description de Peters (1), ils auraient encore le représentant anatomique des branchies externes, interprétation qui n'est rien moins qu'indiscutable.
(i) cxlviii.