‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 154 sur 289 · TORTUES. — PRÉTENDUE DÉGLUTITION DE L'AIR · texte numérisé non relu

TORTUES. — PRÉTENDUE DÉGLUTITION DE L'AIR

cusable d'une activité propre à la cage pulmonaire, eh vertu de laquelle son volume alternativement augmente et diminue.

L'expérience de Panniza prouvait bien qu'il y a inspiration active, mais ne disait rien de la possibilité d'une déglutition. Tout récemment, Weir Mitchell et G. Morehouse (1) comblèrent cette lacune. Ils répétèrent d'abord l'expérience de Panniza, dont ils ne paraissent pas avoir connu le travail ; seulement, ils firent plonger dans de l'eau le tube de verre, qu'ils avaient fixé sur le bout inférieur de la Iracbée divisée : ils virent ainsi l'eau s'élever à chaque inspiration et être rejetée à chaque expiration. Puis ils placèrent un autre tube dans le bout supérieur de la trachée, et l'eau dans laquelle ils le plongèrent n'éprouva aucun changement de niveau ; preuve complète que la déglutition est incapable d'introduire aucune quantité d'air dans l'appareil respiratoire.

Ainsi l'anatomiste déduit de l'investigation statique, et déclare qu'il y a déglutition et que l'inspiration est impossible; l'expérimentateur constate qu'il n'y a pas de déglutition, et que l'inspiration est réelle. Experientia fallax, répète-t-on sans cesse. Certes, nous avons eu tous, à nos propres dépens, la preuve fâcheuse que ceux qui font des expériences peuvent se tromper; mais qu'arrive-t-il, je vous prie, à ceux qui n'en font pas?

Après celte revue historique, arrivons à nos propres expériences. Elles ont encore été exécutées à l'aide des appareils enregistreurs.

Nous coiffons la tête de notre Tortue avec la petite muselière de bois et de caoutchouc. On prend toutes les précautions nécessaires pour avoir une fermeture parfaite, en en-

Ci) CLX, p. 26.

P. BEIIT. — RESP.

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duisant le bord libre de la membrane élastique d'une épaisse couche de gomme arabique.

Le tube est mis alors en correspondance avec le tambour du polygraphe. Mais, comme la quantité d'air déplacée à chaque mouvement inspiratoire et expiratoire serait trop grande, nous interposons, entre la Tortue et le tambour, un flacon à deux tubulures, sur l'air duquel s'exercera la plus grande partie des efforts de dilatation et de compression. La capacité de ce flacon doit varier, évidemment, avec les dimensions de l'animal en expérience. Pour.une Tortue terrestre moyenne, un flacon d'un litre est suffisant.

L'animal étantlibre, non anesthésié, mais tranquille, nous obtenons un tracé fort singulier (fîg. àà, tracé n° 2).

:Fic 54 (^). — Graphiques de la respiration d'une Tortue (').

Analysons maintenant notre tracé :

Si nous partons de la ligne de repos, nous voyons que le premier mouvement respiratoire est une expiration (exhaussement du levier), à laquelle succède une grande inspiration que suit aussitôt une nouvelle expiration ; puis arrive la ligne horizontale, qui marque le repos.

Ainsi : demi-expiration, inspiration totale, demi-expiration, repos en demi-expiration. On peut dire encore : inspiration en un seul temps, expiration en deux temps séparés

(*) i. Animal avec les pnltes étendues au maximum. — 2. Animal libre.

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