TORTUES. — PHASES DE LA RESPIRATION. 2Ô
l'un de l'autre par une longue phase de repos. Les détails relatifs à la rapidité plus ou moins grande de ces différentes phases se déduisent immédiatement de l'inspection du tracé. Le temps pendant lequel a été décrite cette espèce d'S correspond environ à cinq secondes. Et en mesurant la longueur de leur projection sur la ligne des abscisses, nous aurons, pour la durée des diverses périodes d'une révolution respiratoire :
Inspiration, 1 sec, 7; demi-expiration, 1 sec, 3; repos, 23 sec, 3 ; demi-expiration, 2 sec
C'est là un rhythme très-singulier, mais dont nous trouverons l'analogue dans la respiration normale d'autres Reptiles.
Répétons maintenant l'expérience de Pannizza, et celle de Weir Mitchell et Morehouse.
Voici une petite Tortue grecque qui nous donne, avec la muselière de bois et de caoutchouc, le même tracé en forme d'S. Je mets à découvert sa trachée, ou plutôt ses deux bronches primitives; j'en lie une, je coupe l'autre et j'introduis dans son extrémité périphérique, buccale, un petit tube qui communique, par les procédés ordinaires, avec le levier de l'enregistreur.
Le cylindre étant en mouvement, vous voyez que le levier reste immobile, et trace une ligne droite ; cependant l'animal exécute de prétendus mouvements de déglutition, qui n'influent en rien, comme vous le voyez, sur la respiration.
Introduisons maintenant notre tube dans le bout central de la bronche* Après quelques secondes de repos, l'animal commence à faire une série de respirations qui fournissent le tracé ci-contre (fi g. 55, tracé n° 1) :
Ce tracé emporte avec lui la preuve que la respiration se fait directement par dilatation et resserrement thoraciques. Vous voyez même que la forme primitive a été conservée.
Fig. 55 (-^). — Graphiques de la respiration d'une Tortue (*).
Pendant que s'inscrivait une partie de ce (racé, l'animal marchait; ainsi, même quand la trachée était ouverte, chaque mouvement des pattes n'avait pas pour conséquence un mouvement du levier; cela est arrivé cependant pour des mouvements très-énergiques.
Mais, d'ordinaire, quand la trachée est intacte, la glotte reste fermée pendant un certain temps, et les membres peuvent alors s'agiter impunément. Cela n'est cependant pas sans quelques rares exceptions, et j'ai vu, dans quelques cas, chaque mouvement de la Tortue qui s'agitait se traduire par des mouvements d'air sortant par les narines ; ici la glotte restait évidemment ouverte pendant le temps de l'agitation.
Mais cela ne prouve pas que le jeu de ces membres ne soit pas la cause déterminante, en supposant que la glotte s'ouvre à des intervalles réguliers, des mouvements de la respiration. Si vous placez sur le dos une Tortue munie d'une muselière, vous verrez qu'à chaque inspiration elle allonge à la fois le cou et les quatre pattes, pour les retirer pendant les deux temps de la phase expiratoire. Tauvry(l), qui avait fait cette remarque, attribuait tous les mouvements respira-
(i) CLXI.
(*) 1. Respiration par le bout contrat de la trachée. — 2. Résultais de la galvanisation du muscle inspirateur.