INFLUENCE DES MOUVEMENTS DES MEMBRES
toires à cette action de la lête et des membres. Mais Townson (1) vit que la respiration peut continuer alors même que la tête et les pattes sont attachées et maintenues immobiles.
J'ai répété et varié ces expériences, et je vous présente la preuve écrite de leurs résultats.
Le premier tracé que je vous présente se rapporte à la Tortue dont je vous ai montré d'abord la respiration normale ; le même flacon étoufïbir est employé, et la sensibilité du levier est la même. L'animal, non endormi, est placé sur le dos; sa tête et ses pattes antérieures sont tirées au maximum, et solidement maintenues par des cordes ; de plus, il a un bâillon dans la bouche, et est muni , par dessus, de la muselière en bois et caoutchouc. Le tracé qu'il donne alors est représenté figure bh, tracé n° 1.
En nous reportant au tracé normal (fig. 5£, tracé n° 2), nous constatons d'abord que la forme générale est la même, ce qui, à cause du bâillon, résout encore la question delà prétendue déglutition. Le temps d'arrêt équivaut à 4 8 secondes. Son existence, la bouche étant ouverte, montre bien qu'il est dû, comme nous l'avons dit, à la fermeture de la glotte, et non à l'occlusion des narines.
Vous pouvez remarquer encore que, sauf en quelques détails peu importants, l'extension continue et forcée des pattes antérieures et du cou n'a modifié sensiblement ni le rhythme ni l'énergie de la respiration.
Je répète cette expérience devant vous. Voici une Tortue qui, libre et intacte, nous donne le tracé suivant (fig. 56, tracé n° 4) :
Les pattes antérieures et le cou étant tirés au maximum,
(1) eux,
tandis que les pattes postérieures sont restées libres, nous avons le tracé (fig. 56, tracé n° 2) :
Fîg, 56 (x)- — Graphiques de la respiration d'une Tortue (*).
Les pattes postérieures, à leur tour, sont maintenues seules dans l'extension, mais les antérieures et le cou sont rendus libres; voici le tracé que nous obtenons alors (tracé n° 3):
Maintenant, nous tirons à la fois, énergiquement, et nous fixons dans une extension vraiment effrayante les quatre pattes et la tête de la Tortue. Elle n'en continue pas moins de respirer, et fournit le tracé n° h.
Ici, l'amplitude a manifestement diminué, la durée du mouvement, au contraire, a augmenté, car la pause interexpiratoire a duré plus d'une minute.
Faisons enfin la même série d'expériences, non plus en maintenant les membres dans l'extension forcée , mais au contraire, en empêchant tout mouvement des pattes et de la tête ; pour cela, nous les rentrons autant que possible sous la carapace, où nous les maintenons énergiquement.
Comme notre Tortue est fatiguée, nous en prenons une
(') 1 Animal intact. — 2. Paltes antérieures et cou allongés au maximum. — 3. Pattes postérieures allongées au maximum, — i. Les quatre paltes et le cou allongés à la fois.