TORTUES. — MUSCLE INSPIRATEUR
Townson, Duvernoy (1), Weir Mitchell l'ont regardé comme tel. En galvanisant ces fibres, un tube étant fixé dans la trachée, nous n'obtenons, cependant, avec l'enregistreur que de très-faibles mouvements, dans le sens de l'expiration.
Mais le muscle inspirateur nous a donné des tracés plus clairs. Il est large, aplati, mince, situé en arrière, entre la carapace, le bouclier sternal et le membre postérieur. Townson en faisait déjà un inspirateur; ce rôle lui fut dénié par Duvernoy, mais restitué par Weir Mitchell, et avec raison. En galvanisant à plusieurs reprises ce muscle, nous obtenons, en effet, par le tube trachéal, des tracés significatifs qui sont représentés à la figure 55, tracé n° 2 : Notre courant est assez faible pour n'agir absolument que sur le muscle en question. Aucun autre muscle ne donne le même effet.
En résumé :
1° Les Tortues ont un rhythme respiratoire singulier composé d'une demi-expiration, d'une inspiration totale, d'une autre demi-expiration, se suivant toutes trois sans intervalle, et d'un temps de repos ordinairement fort long.
2° L'inspiration se fait par une dilatation véritable du thorax, et non par déglutition.
3° Les mouvements respiratoires peuvent s'exécuter indépendamment de ceux des membres, mais ces derniers interviennent dans les inspirations et les expirations énergiques et rapides.
h° Le muscle inspirateur est situé en arrière, entre la carapace et le sternum.
Ophidiens. — Une longue trachée, une glotte qui ressemble à celle des Chéloniens, mais qui est située très-près
(1) CLXII et LXXVIII, p. 216.
de l'union des mâchoires inférieures; au bout de la trachée, deux poumons dont l'un est toujours plus petit que l'autre, et manque même fréquemment, telle est la configuration générale de l'appareil respiratoire des Ophidiens. La trachée débouche directement dans le poumon ; elle s'y continue même, mais sous forme de gouttière. De celle-ci partent des saillies transversales, qui donnent naissance à d'autres crêtes, lesquelles se rejoignent par leurs ramifications, et déterminent de nombreux petits culs-de-sac, appelés ordinairement cellules pulmonaires. Les cils vibratiles, comme chez les Tortues, n'existent que sur les saillies qui séparent ces cellules, et sur la muqueuse trachéale même.
Le poumon, qui s'étend très-loin dans l'abdomen, ne présente pas partout cette structure. Son extrémité postérieure, sur une longueur qui varie suivant les espèces, n'est qu'un simple sac sans cellules pulmonaires et sans cils vibratiles. Les vaisseaux sanguins y sont rares; ils proviennent, non de l'artère pulmonaire, mais de l'artère aorte et se rendent dans le système de la veine porte hépatique, au lieu de revenir, par la veine porte pulmonaire, directement au cœur.
Nous trouvons chez ces animaux une cage pulmonaire dont le rôle aspiratoire n'a jamais été mis en question. Cette cage est constituée simplement par des côtes, sans sternum. Quant aux côtes, leur forme et leur mode d'articulation sont tels que toutes les fois qu'une d'entre elles tend à se rapprocher de la tête, le sommet de sa convexité s'écarte de celui de la côte opposée, en même temps que son extrémité ventrale s'éloigne de la colonne vertébrale ; le mouvement de projection en avant a donc pour effet d'augmenter à la fois les deux diamètres antéro-postérieur et transversal de la pavité oij sont logés les poumons. Ceux-ci suivent le mouve-