‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 159 sur 289 · SERPENTS · texte numérisé non relu

SERPENTS

ment, se dilatent et se remplissent. Le retrait des côtes en arrière resserre, au contraire, les poumons et détermine l'expiration.

Pour étudier le rhythme suivant lequel se succèdent les divers mouvements respiratoires, j'ai, le 13 mars, rendu immobile, à l'aide de l'éther, une Couleuvre à collier, puis je l'ai coiffée avec la petite muselière en bois et caoutchouc.

L'appareil embrassait très-étroitement la tête du reptile, et aucune fuite d'air n'avait lieu ; on s'en assurait, du reste, en plaçant l'animal sous l'eau.

En attendant alors que l'animal redevînt sensible, tout en restant calme, nous obtînmes le tracé que voici (voy. fig. 58) :

FiG. 58 (y). — Graphique de la respiration d'une Couleuvre en hiver

(muselière).

Ce sont de très-grandes et très-longues inspirations (16 secondes environ) suivies d'expirations relativement courtes (environ 9 secondes).

La valeur de cette inspiration, chez notre Couleuvre qui est de taille moyenne, est d'environ 35 centimètres cubes.

C'est pendant cette longue pause inspiratoire que s'opèrent ces mouvements de la chambre respiratoire qu'a remarqués Schlegel (1), mouvements qui ont pour résultat de distribuer dans toute la longueur du sac pulmonaire l'air qui vient d'être introduit. Mais il n'y a pas, comme il le croit, une trentaine de ces dilatations partielles dans l'intervalle de deux aspirations.

En effet, si nous introduisons dans la glotte de notre Cou-

(1) clxiii, 1. 1.

300 DES MÉCANISMES BESP1RATOIHES.

leuvre un tube conique qui l'oblitère bermétiquement et dont le canal est mis en communication avec le polygraphe, notre tracé se trouve modifié ; les lèvres de cette glotte, en effet, ne pouvant plus se rapprocher et en clore l'ouverture, les mouvements que fait l'animal pour brasser l'air dans ses poumons sont transmis directement à l'appareil enregistreur. La pause inspiratoire est alors remplacée par une série saccadée de petites expirations, dont chacune correspond à un mouvement de contraction du corps. Je vous présente le tracé le plus compliqué (tracé n° l, fig. 59) et aussi le plus simple (tracé n° 2), parmi ceux que j'ai obtenus.

Fig. 59 (—■). — Graphiques de la respiration d'une Couleuvre (tube dans la trachée).

Nous n'avons donc pas pu constater plus de quatre mouvements, non pas dans l'intervalle de deux inspirations, mais pendant une inspiration même. Notons que, durant ces tracés, l'animal était resté extrêmement tranquille.

Ajoutons que souvent, et surtout quand la température

F.G. 00 (V). — Graphiques de la respiration d'une Couleuvre, en ete. 1, la muselière ; 2, tube dans la trachée.

est plus douce, le repos inspiratoire diminue beaucoup de

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