SERPENTS. — LÉZARDS. — CROCODILES
durée. En voici pour preuve un tracé obtenu dans une saison chaude, avec la muselière, sur une Couleuvre de même espèce (fig. 60, tracé n° 1).
Dans ce cas, le tracé obtenu par la trachée (fig. 60, tracé n° 2) diffère très-peu de celui que fournit l'enregistrement, au moyen d'une muselière, de l'air sorti par les narines.
Le dernier tracé que je vous présente (fig. 61) a été ob-
Fig. 61. — Graphiques de la respiration d'un Boa. en été.
tenu sur un Boa constrictor, en été; nous n'avons pas, comme bien vous pensez, fait usage de la muselière, mais d'un petit appareil qui s'applique sur les flancs, et dont je vous ai déjà donné la description (voy. p. 209, fig. 25).
Sauriens, Crocodiliens . — La constitution générale de l'appareil pulmonaire est la même que chez les Ophidiens. On retrouve même, chez les espèces serpentiformes, chez l'Orvet, par exemple, la trachée ouverte dans les poumons, ceux-ci très-inégaux et terminés par un sac, dont le sang va s'épurer dans le foie avant de retourner au cœur. Chez les autres Sauriens, la prolongation intra-pulmonaire de la trachée n'est marquée que par une sorte de ruban fibreux, duquel parlent des gouttières secondaires, comme chez les Serpents. Les alvéoles pulmonaires sont déterminées de même, et deviennent, elles aussi, de moins en moins accentuées à mesure qu'on s'éloigne de l'extrémité antérieure.
Les poumons des Crocodiliens présentent une complexité plus grande; la trachée, qui y pénètre avec sa forme cylindrique, présente des orifices qui communiquent chacun avec un sac extrêmement divisé par des cloisons de plusieurs ordres successifs. Disons un mot encore des poches aérien-
nés très-singulières que Perrault a découvertes chez le Caméléon, et qui établissent un rapport singulier entre l'appareil respiratoire de cet animal et celui des oiseaux.
La cage osseuse dans laquelle sont contenus les poumons est ici complétée par l'adjonction au système vertébral d'un sternum et de côtes sternales qui, chez les Crocodiles, se prolongent jusqu'au pubis. Les côtes sternales rejoignent les côtes vertébrales en faisant avec elles un angle à sinus antérieur. L'action des muscles inspirateurs a pour effet d'ouvrir cet angle et d'augmenter le diamètre sterno-vertébral. De plus, ces muscles agissent d'avant en arrière, et l'arc formé par les deux côtes réunies tournant autour de sa corde, son sommet convexe s'écarte du plan médian du corps, et le diamètre transversal du corps s'agrandit. Cette double cause de dilatation de la cage pulmonaire, nous allons désormais la retrouver chez tous les animaux, et nous pouvons, dès maintenant, pour n'y plus revenir, formuler ce principe général qui s'applique à tous les Vertébrés allantoïdiens : toute côte tirée en avant (en haut dans la station verticale de l'homme) pendant l'acte inspiratoire, se meut de manière à augmenter simultanément la cavité respiratoire dans les deux directions transversale et sterno-vertébrale.
Les auteurs attribuent le principal rôle, dans la dilatation du thorax chez les Sauriens, à. l'accroissement du diamètre sterno-vertébral. C'est une petite erreur. Il est très -facile de voir que chez la plupart de ces animaux, et dans l'état de repos où le ventre touche à terre, que chez les Crocodiliens notamment, l'augmentation a lieu presque exclusivement suivant la direction transversale.
Ces derniers animaux présentent une particularité anatomique très-intéressante, et qui joue un rôle dans l'acte respiratoire. A la base de la langue se trouve un large repli trans-