‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 171 sur 289 · OISEAUX. — RI1YTHME NORMAL · texte numérisé non relu

OISEAUX. — RI1YTHME NORMAL

Le premier fait que révèle l'analyse du Iracé, c'est qu'il n'y a ni pause inspiratoire ni pause expiratoire ; les deux phases se succèdent brusquement, et les changements sont très-accentués. L'expiration, voyons-nous encore, est un peu plus longue que l'inspiration ; les rapports de temps sont environ comme 9 est à 12.

Enfin, l'inspiration a pendant toute sa durée une rapidité sensiblement égale ; l'expiration, au contraire, est brusque à son début, pendant le premier cinquième, de plus en plus lente pendant les quatre autres cinquièmes.

Je vous présente comme terme de comparaison un autre tracé obtenu chez un Canard dans la trachée duquel un tube a été placé (voy. fig, G9, tracé n° 1); c'est, comme vous le

Fig. 69 (y)- — Graphiques de la respiration de plusieurs Oiseaux (*).

voyez, un rhythme à peu près identique, avec une durée un peu moindre de l'expiration, la glotte ne pouvant plus se rétrécir. Voici un second tracé fourni par un Pigeon, avec tube trachéal (tracé n° 2), et enfin un troisième obtenu chez un Poulet (tracé n° 3), par l'emploi de la pince thoracique (voy. fig. 26, p. 209) ; ce dernier représente la dilatation antéro -postérieure du thorax.

(*) i. Canard (trachée). — 2. Pigeon (trachée). — 3. Poulet (pince thoraoique),

Ceci établi, voyons comment s'opère la dilatation du thorax, cause de l'inspiration. Lorsque les muscles inspirateurs entrent en action, l'angle que font les côtes sternébrales avec les côtes vertébrales s'ouvre, et le sternum s'écarte du rachis. Cette augmentation du diamètre vertical a été, chose singulière, la seule dont la plupart des auteurs se soient occupés ; vous n'en trouverez pas d'autra signalée, par exemple, dans l'important mémoire de Sibson (1). Cependant, la dilatation transversale, dont Cuvier (2) a dit un mot, existe, et ne doit pas être négligée.

Je vous présente des tracés qui démontrent l'existence de celte dilatation transversale, et qui, en même temps, vous indiquent ses relations avec la dilatation verticale.

Ils sont obtenus en faisant usage de notre pince thoracique (voy. p. 209, fig. 26). Deux de ces pinces, de ces compas d'épaisseur, si vous aimez mieux, ont dû être employés simultanément.

Le compas qui fournit le tracé inférieur est appliqué verticalement, la branche fixe appuyée au rachis, l'autre à la pointe postérieure du sternum; l'autre compas est appliqué transversalement et en avant du premier. Le cylindre étant mis en mouvement, il s'est inscrit un double tracé (voy. fig. 70). Le tracé n° 1 est relatif aux mouvements du thorax dans le sens transversal ; le tracé n° 2 est relatif à ses mouvements dans le sens vertical ou sterno-vertébral :

Vous voyez que l'augmentation du diamètre transversal et celle du diamètre vertical se font simultanément : l'inscription commence en même temps. Mais l'expiration arrive plus tôt pour le diamètre vertical ; l'agrandissement,

(1) CLXXIX, p. 507.

(2) LXXV1II, t, VIII, p. 207.

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l'inspiration dure encore transversalement que déjà il commence à y avoir un relèvement de la pointe du sternum. Ce relèvement] se produit même brusquement, comme l'indique le tracé n° 2, qui est en ce point presque vertical. Puis, la ligne s'incline, et, fait sur lequel j'appelle votre attention,

Fie. 70 (V

Graphiques de !a respiration d'un Canard (*).

celte inclinaison, qui indique une moindre rapidité, coïnciJe avec le début de l'expiration dans le tracé transversal (tracé n° 1). Les deux courbes marebent alors ensemble, et arrivent ensemble au sommet duquel partent les deux dilatations. Nous tiendrons compte, dans un moment, de ces détails graphiques.

Dans ce thorax, qui se contracte et se dilate alternativement, et à l'abri de sa solide enveloppe, se trouvent les poumons et les quatre cellules aériennes. Celles-ci, manifestement, suivent les mouvements du thorax ; elles se remplissent lors de sa dilatation, se vident plus ou moins lorsqu'il se resserre. Quant au poumon, pris entre les côtes et l'aponévrose du diaphragme costal, il n'a qu'une très-faible tendance à suivre l'expansion thoracique, puisque les cellules qui l'accompagnent y satisfont incessamment. Son jeu paraît entièrement subordonné à celui du diaphragme costal ; celui-ci peut, en effet, en se contractant, maintenir

(*) 1. Tracé transversal du thorax. — 2. Tracé vertical. P. UEIIT. — RESP.

322 des mécanismes respiratoihes.

béants les méats bronchiques. Mais à quel moment se contracle-t-il? pendant l'inspiration, pour aider l'action de l'expansion thoracique, ou pendant l' expiration; pour que le poumon reste perméable à l'air qui reflue des réservoirs sous-cutanés, comme nous allons le dire? Personne ne saurait prononcer sur celle question, et je ne vois pas comment on pourrait arriver à la résoudre expérimentalement sans troubler gravement les actes respiratoires.

Telle s'exécute la respiration dans le seul oiseau qui ne possède que des cellules aériennes intra-lhoraciques, dans l'Aptéryx. Mais chez tous les autres, la présence des cellules extra-thoraciques complique les actes respiratoires. Ces cellules, en effet, ne sont point renfermées dans une cage solide; elles ne sont recouvertes, sur une plus ou moins grande étendue, que parla peau et des muscles minces. II. en résulte qu'elles ne peuvent, sans s'affaisser, supporter la moindre diminution dans la pression de l'air qu'elles contiennent.

La conséquence de ceci est claire ; lorsque l'animal, dilatant son thorax, fera une inspiration, l'air des cellules extrathoraciques sera appelé, et les parois de celle-ci se déprimeront sous la pression extérieure prédominante : en d'autres termes, elles se videront. Quand, au contraire, l'oiseau resserrera son Ihorax pour faire une expiration, l'air refluera dans les cavités à parois extensibles, qui se rempliront à leur tour.

Cet antagonisme entre le jeu des poumons et des cellules intra-thoraciques d'une part, et celui des cellules extra-thoraciques de l'autre, avait été parfaitement décrit par Cl. Perrault (1), et démontré expérimentalement par

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