OISEAUX. — RÉSUMÉ
Ceci montre que, dans l'état normal, l'aspiration de l'air contenu dans les sacs extra-thoraciques a lieu en même temps que l'inspiration trachéenne.
Nous pouvons donc, maintenant, nous faire une idée claire du jeu si compliqué de l'appareil respiratoire des oiseaux.
L'oiseau fait une inspiration, et la raréfaction de l'air contenu dans ses poumons et ses cellules intra-thoraciques a pour effet de faire affluer à la fois, dans le thorax dilaté, et l'air extérieur, et celui que renferment les sacs extra-thoraciques. Le poumon, les cellules protégées avec lui par les parois osseuses, se remplissent de cet air mélangé. Puis arrive l'expiration : le thorax, qui revient à ses dimensions primitives, expulse l'air des cellules qu'il contient. Une partie de cet air s'échappe directement par la trachée, l'autre est refoulée, grâce à la communication facile des bronches secondaires, dans les sacs extra-thoraciques; une certaine proportion pénètre en passant le tissu propre du poumon, dont toutes les bronchioles communiquent ensemble, tissu qui ne peut s'affaisser complètement et dont peut-être la contraction du diaphragme costal maintient à ce moment les canalicules tout à fait béants.
La muqueuse pulmonaire se trouve donc à deux reprises sur le chemin de l'air, pendant l'inspiration, comme pendant l'expiration. Il y a donc là, si l'on veut conserver l'expression de Cuvier, une respiration double, mais non dans le sens qu'y attachait ce naturaliste célèbre. Pour lui, comme vous le savez, les sacs aérifères servaient à l'hématose au môme titre que le poumon; mais J. Hunier avait déjà
(I) CLXIX, t. IV, p. 250,
326 DES MÉCANISMES HESPIHATOIRES.
montré que l'air ne peut y modifier le sang, car ces cavités sont très-peu vasculaires.
Pour nous résumer, et mettre les faits énoncés sous une forme plus saisissante, nous modifions un peu la célèbre expérience de J. Mayow. A la douille de ce soufflet, dont la prise d'air n'a point de soupape, nous avons fixé une vessie pleine d'air ; dans le soufflet, est placée une éponge qui ne remplit qu'une petite partie du corps de l'instrument, et cependant garnit à la fois l'ouverture intérieure de la douille, et celle de la prise d'air; celle-ci représente la trachée ; la vessie, les cellules exlra-thoraciques ; l'éponge, le poumon; la cavité libre du soufflet," les cellules intrathoraciques.
Ceci posé, ouvrons et fermons alternativement le soufflet, vous voyez d'abord l'air y pénétrer à la fois par la prise d'air et par la vessie qui se vide, et sortir ensuite au dehors tandis que la vessie se gonfle de nouveau ; dans ce jeu alternatif, l'éponge s'est trouvée doublement ventilée, et si grossier qu'il soit, notre appareil nous a représenté d'une manière suffisamment exacte les traits principaux de la respiration des oiseaux.
Autres usages attribués aux sacs extra-pulmonaires . — Ce rôle, si important et si général qu'il soit, des sacs pulmonaires clans les actes respiratoires, n'a été clairement vu que par un petit nombre d'auteurs. La plupart des autres ont cherché et, faut-il le dire? ont trouvé pour ces organes des usages fort différents. Comme ces idées ont eu cours plus ou moins dans la science, et qu'il y a dans quelquesunes d'entre elles un fonds de vérité, je ne crois pas devoir ici les passer sous silence.
Je dirai d'abord un mot de l'opinion qui voit dans les sacs pulmonaires des espèces d'aérostats, destinés à dimi-