‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 175 sur 289 · CLXXXIII · texte numérisé non relu

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locomotion aérienne. Je veux designer par ce mol la facilité à flotter sur l'eau que présentent beaucoup d'oiseaux aquatiques; les Pélicans et les Fous possèdent celte faculté à un haut degré, et leurs vastes poches aériennes sous-cutanées doivent, dans ces cas, leur être fort utiles.

Les oiseaux plongeurs peuvent, ce me semble, encore tirer parti de leurs sacs aériens dans une autre circonstance.

Examinez un Canard milouin ou une Foulque nageant en liberté ; de temps à autre, l'oiseau fait un brusque mouvement de bascule, la tête en avant, le croupion en l'air ; il plonge ainsi, pendant un temps, puis, soudain, se retourne et revient sur l'eau, redressé presque verticalement, ayant ainsi oscillé avec une facilité singulière autour d'un axe transversal fictif. Je ne puis m'empêcher de penser que le déplacement de quelques centimètres cubes d'air, de l'avant à l'arrière de l'animal, et réciproquement, ne puisse aider efficacement à cette manœuvre de bascule.

Veuillez remarquer, ce qui vient à l'appui de cette hypothèse, que, chez ces oiseaux plongeurs, le sac inter-claviculaire, fort bombé en avant, est revêtu d'une couche musculaire épaisse, parfaitement capable de le comprimer et de le vider en partie, en rejetant en arrière l'air qu'il contient. Cette projection, s'exécutant au moment même où l'animal lance sa tête en bas et en avant, peut très-bien, en amenant plus en avant le centre de gravité, favoriser la culbute ; l'inverse aura lieu lorsque l'oiseau, plongé sous l'eau, contractera ses muscles abdominaux, et projettera en avant l'air contenu dans ses grands réservoirs postérieurs.

Foley (1), dans son curieux travail sur l'influence de l'air comprimé, a émis celte idée que les sacs aériens des oiseaux

(I) CLXXX1V, p. 74.

OISEAUX. — USAGES DIVFRS DES SACS AÊR1FÈRES. 329

de haut vol servent à les mettre à l'abri des accidents qu'entraîneraient les changements brusques de pression auxquels ils sont parfois soumis, lorsqu'ils s'élèvent ou s'abaissent soudainement dans les airs. Mais, pour admettre celte hypothèse, il faudrait supposer que, pendant ce temps de la compression ou de la décompression, la glotte de l'oiseau reste fermée, ce qui n'a certainement pas lieu.

Un autre usage, imaginé par à priori, des sacs aériens, serait de produire cette puissance de la voix que présentent à un degré si remarquable la plupart des oiseaux. Les Grues et les Cresserelles se font souvent entendre d'une hauteur à laquelle elles sont à peu près invisibles, et à une distance d'où la voix d'aucun mammifère ne pourrait parvenir jusqu'à nous. On a cru que ces sacs jouaient le rôle de caisse résonnante pour renforcer le son. D'abord, ils ne sont évidemment pas assez tendus pour cela, et sont entourés de parties molles peu propres à résonner. Maisj'ai voulu étudier la question expérimentalement, et ayant ouvert largement le sac sus-claviculaire à des Canes très-bruyantes, je n'ai pas constaté que leur voix ait perdu notablement de sa puissance; elle s'était seulement sensiblement faussée. Or, le sac sus-claviculaire est assurément le plus tendu, le plus résonnant de tous, et il est en rapport immédiat avec le larynx formateur du son.

Enfin, j'ai la persuasion que ces sacs jouent dans certains cas un rôle très-important, et qui a un rapport direct avec les actes respiratoires. Indiquons ceci plus au long.

Nous avons suffisamment insisté sur l'antagonisme qui existe entre ceux de ces sacs qui sont à l'abri dans la cavité thoracique et ceux que recouvre simplement la peau ; les premiers, avons-nous dit, se remplissent, les seconds se vident pendant l'inspiration. Ainsi chaque inspiration appelle

dans les poumons non-seulement de l'air extérieur, mais de l'air intérieur, qui provient des réservoirs sus-claviculaires et abdominaux.

Nous avons dit quelle était la conséquence de ce mélange au point de vue de la richesse en oxygène de l'air ainsi soumis au contact du sang pulmonaire. Mais il faut remarquer que les autres qualités de l'air, et notamment sa température et son état hygrométrique, se trouvent également modifiées. A l'air extérieur relativement froid et sec, se mélange un air venu de l'intérieur, chaud et saturé d'humidité.

Supposez maintenant une Autruche, courant avec rapidité sur les sables brûlants du Sahara; l'air desséché qu'elle respire s'humidifie un peu en passant dans sa longue trachée ; mais il arriverait encore bien sec aux poumons auxquels son contact pourrait être funeste, si l'air des sacs abdominaux ne lui apportait une humidité bienfaisante. De même, les Échassiers voyageurs, les Oiseaux habitants des régions septentrionales, bien qu'ayant tous un cou allongé, où peut s'opérer un certain réchauffement de l'air, le respireraient encore trop froid, si l'air des sacs abdominaux, déjà réchauffé, ne se mêlait à lui pour lui fournir une température convenable.

Je crains peu qu'on objecte à cette interprétation comme on l'a fait à tant d'autres, que beaucoup d'oiseaux, non exposés à ces périls, possèdent le même appareil. D'autres ont pu être justiciables de cette objection, parce qu'ils cherchaient une destination générale, une véritable cause finale à cette remarquable structure ; quand ils prétendaient, par exemple, que les sacs aériens sont destinés à favoriser le vol, on leur répondait avec raison qu'on en trouve de développés chez des Autruches qui ne s'élèvent jamais dans l'air. Pour nous, nous ne cherchons pas, en vertu d'idées préconçues,

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