NI PAUSE INSPIRATOIRE NI PAUSE EXPIRATOIRE
l'inspiration. La première hypothèse ne saurait être adoptée, pour cette raison bien connue, que l'expiration ordinaire n'est pas l'expiration forcée, et qu'il reste après elle dans les poumons une notable quantité d'air qui peut s'en aller, même sans -effort musculaire expiratoire, par la simple action de l'élasticité pulmonaire. Quant à la seconde, elle est tout à fait en contradiction avec nos connaissances sur la manière d'agir des muscles.
Ce que je viens de dire des Mammifères est vrai de l'homme, et cependant, la plupart des physiologistes, suivant en cela les errements de Vierordt (1) et de Ludwig qui, les premiers, avaient appliqué à l'étude de la respiration la méthode graphique, parlaient et parlent encore d'une pause inspiraloire et d'une pause expiratoire. Dans ces temps derniers, Marey (2) a fait justice de cette erreur, et les tracés qu'il a
Fig. 74. — Tracé normal des mouvements respiratoires chez l'Homme
d'après Marey (i).
obtenus chez l'Homme ressemblent beaucoup à ceux que m'a fournis le Chien. Je ne puis mieux faire, au reste, que de vous en montrer un, à titre d'exemple ; il a été recueilli par Marey à l'aide de son pneumographe (voy. fig. Ih). Je vous ai montré tout à l'heure des graphiques obtenus
(1) GLXXXV.
(2) GXXXI, p. 164 et GLXXXV1, p. 431.
(3) GXXXI, p. 164, fig. 51*
336 DES MÉCANISMES RESPIRATOIIŒS.
par l'étude directe des changements de l'air dans l'appareil respiratoire (fi g. 73) ; en voici d'autres où j'ai fait usage, soit du pneumographe à ceinture, soit du tambour sur pied dont je vous ai parlé.
I'ig. 75. — Graphiques de la respiration chez un Chien, enregistrés avec le pneumographe (1), avec le tambour (2), et simultanément (3; par la trachée et avec le tambour.
Le tracé 1 (fig. 75) est obtenu avec le pneumographe, Je tracé 2 avec le tambour; dans le tracé 3, il y a enregistrement simultané avec le tambour placé sur les côtes (tracé inférieur) et avec un tube fixé dans la trachée (tracé supérieur).
Vous voyez que, dans ce troisième graphique, la concordance est parfaite entre les deux tracés ; on a même dirigé les deux lignes en sens inverse pour que celte simultanéité fût plus apparente encore; c'est en effet un point assez important, puisque cela nous permet d'avoir confiance dans des procédés qui se contrôlent ainsi l'un par l'autre.
Sur le tracé n° 2 se voient des saillies secondaires; cela tient à ce que le tambour appuyait sur la région du cœur, et le cœur a ainsi inscrit ses battements. C'est là un inconvénient général des ces enregistrements par les pneumographes : tous les mouvements de l'animal se reproduisent dans les tracés, et nuisent à leur clarté.
On peut quelquefois tirer parti de cet inconvénient