CLXXXVIII
contraction tétanique, on observe, dit Duchenne (de Boulogne) (1), ce fait intéressant que l'animal fait de vains efforts, et s'asphyxie malgré cette inspiration continue, ou plutôt à cause d'elle; il ne peut plus, en effet, renouveler l'air dans ses poumons toujours distendus, et n'obtient, par le jeu des inspirateurs auxiliaires (scalènes, intercostaux supérieurs, etc.) qu'une ventilation insuffisante. Je vous rends témoins de cette singulière expérience ; nous mettons au préalable un tube dans l'artère carotide, le sang s'écoule rouge; maintenant nous faisons passer un courant induit entre les deux racines supérieures de chaque nerf phrénique; voyez, le thorax reste gonflé, l'animal s'agite, et le sang s'écoule noir par le tube artériel. Ne rapprochez-vous pas dans votre pensée le résultat en apparence paradoxal d'un Chien qui s'asphyxie les poumons pleins d'air de l'antique expérience de J. Mayow, faisant périr un animal en tenant ses poumons continuellement gonflés?
Si aucun doute (2) n'a jamais pu s'élever sur l'agrandissement par le diaphragme du diamètre antéro-postérieur de la poitrine, il n'en est pas de même pour l'action de ce muscle sur les côtes inférieures, et par suite sur le diamètre transversal de la base de la poitrine. En effet, Magendie (3), reprenant à son insu l'opinion de Galien, opinion appuyée d'une expérience remarquable, attribua au diaphragme le pouvoir d'élever les côtes inférieures par sa contraction, en sorte que, d'après l'axiome de Borelli, « toute côte qui s'élève » se porte en dehors », cette contraction serait susceptible