‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 184 sur 289 · CLXXXIX · texte numérisé non relu

CLXXXIX

(2) Il faut pourtant excepter Vésale, qui, emporte par sa réaction contre Galien, professa sur l'action du diaphragme des idées étranges, et crut les appuyer par des expériences.

(3) CXG, t. II, p. 272,

ACTION DU DIAPHHAGME StlR LES CÔTES. 351

d'agrandir le diamètre transversal. Bien plus tard, Beau et Maissiat, sans citer Magendie, émirent la même idée, et s'efforcèrent d'en démontrer l'exactitude par une expérience dans laquelle il ne s'agit de rien moins que de supprimer tous les muscles élévateurs des côtes, à l'exception du diaphragme (1) ; aussi les quelques personnes qui adoptèrent leur opinion furent-elles plutôt convaincues par leur raisonnement sur les conséquences de la disposition anatomique des fibres du diaphragme, que par les résultats de cette effroyable mutilation. Enfin, plus récemment, Duchenne (de Boulogne) eut l'idée d'électriser le nerf phrénique sur l'homme vivant, ou sur l'animal soit vivant, soit mort, et il affirma que la conséquence de cette excitation est l'élévation et, par suite, l'écartement des côtes auxquelles il s'insère.

Cependant, plusieurs physiologistes (2) ne se tiennent pas pour convaincus; aux expériences de Beau et Maissiat ils répondent, non sans raison, que le sternum continue à élever les côtes inférieures, après l'ablation de tous leurs muscles propres ; à celles de Duchenne (de Boulogne) , ils objectent que la galvanisation ne se localise pas sur le phrénique, mais va exciter en même temps d'autres agents inspirateurs.

Cette dernière objection, à laquelle peuvent peut-être prêter les expériences même de Duchenne (de Boulogne), lequel dit avoir employé des courants très-intenses, des courants au maximum (3), peut être aisément levée. 11 suffit d'agir sur un animal qu'on vient de tuer, de séparer de la moelle le nerf sur lequel on agit, enfin d'employer des courants assez faibles pour ne pouvoir, étant appliqués directe-

(1) CXGI, p. 61.

(2) GXGU, t. II, p. 133. — CXCI1I, p. 329.

(3) CLXXXIX, p. 624, 626i

ment aux muscles, les faire contracter ; or, dans ces conditions, on observe tous les résultats annoncés par Galien, Magendie, Beau et Maissiat, Duchenne (de Boulogne).

Je fais cette expérience devant vous. Le Chien de grande taille, sur lequel nous expérimentons, est couché sur le flanc gauche, les deux racines du phrénique droit ont été mises à découvert; rapidement, on tue l'animal en sectionnant le bulbe rachidien, puis on coupe la racine supérieure, et on l'étalé sur une plaque de verre. Je vais l'exciter maintenant, avec un courant induit tellement faible, qu'entre mes doigts mouillés je le sens à peine ; ce courant, appliqué sur les muscles de la paroi thoracique, n'y excite qu'une faible contraction.

La seule inspection directe vous montre qu'au moment où l'électricité traverse le nerf, les côtes inférieures sont soulevées, et le diamètre transversal de la poitrine agrandi.

Mais pour mettre ce fait hors de toute contestation, et, en même temps, pour en emporter une démonstration écrite dont l'évidence soit au-dessus de toute discussion, employons ici encore l'appareil enregistreur.

A l'aide d'un supportà pince, plaçons un des petits tambours dont la description a été donnée plus haut (voyez p. 209, fig. 25), au contact du dernier intervalle costal, de telle sorte que toute élévation ou tout affaissement, si légers qu'on les suppose, devront impressionner la membrane élastique du tambour, et, par suite, le levier enregistreur. Le cylindre transversal est en marche, j'excite le nerf phrénique, je cesse l'excitation, j'excite à nouveau, et ainsi de suite. Or, le tracé (fig. 83, tracé n°l) nous montre une série de lignes horizontales et verticales qui correspondent les unes aux périodes d'excitation, les autres aux périodes de repos, et traduisent les mouvements des côtes.

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