ACTION DU DIAPHRAGME SUR LES CÔTES
On voit ainsi que, par l'action du diaphragme, les côtes s'élèvent, et qu'elles restent élevées tant que ce muscle reste en contraction ; qu'elles retombent ensuite, et restent à leur position nouvelle tant qu'il est en relâchement.
Fie 83 (f). — Graphiques simultanés exprimant l'action du diaphragme sur les côtes inférieures (d) et supérieures (2).
Mais ce n'est pas tout : un autre tambour a été placé plus haut, au contact de la cinquième côte, sur son point culminant. Or, chose singulière, et que personne n'avait prévu, celte côte elle-même est mise en action par la contraction du diaphragme, mais en sens inverse des dernières côtes. Tandis que celles-ci sont soulevées, elle s'affaisse au contraire, pour se relever aussitôt, quand le diaphragme entre en relâchement. Gela se constate très-aisément sur le graphique (fîg. 83), où les mouvements des côtes supérieures (tracé n° 2) s'inscrivent en même temps que ceux des côtes inférieures (tracé n° 1).
Ainsi, par la seule action du diaphragme, un remarquable antagonisme tend à se manifester entre le jeu de la partie inférieure et celui de la partie supérieure du thorax : ici diminution, là augmentation dans la longueur du diamètre transversal ; je dis tend à se manifester, parce que dans l'état normal, lorsque tous les muscles inspirateurs entrent
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simultanément en action, on ne voit pas un pareil étranglement de la région supérieure du thorax.
Mais lorsque le diaphragme agit seul, cet étranglement se manifeste à chacune de ses contractions. C'est là un fait rare, car la respiration du Chien est surtout thoracique. J'ai eu, cependant, la bonne fortune de l'obtenir un jour chez un Chien chloroformisé à l'extrême. Je vous présente les tracés : aux approches de la mort, le thorax s'est arrêté, le diaphragme continuant à agir. Mais le pneumographe avait été attaché au niveau de la cinquième côte. Il donna d'abord des tracés réguliers (fig. 8/i, tracé n° 1), où l'inspi-
Fig. 84 (VO* — Graphiques delà respiration chez un Chien chloroformisé
(pneumographe) (*).
ration était marquée comme d'ordinaire par une ligne descendante ; puis, soudain, le tracé changea de physionomie (tracé n° 2), et il fut facile de s'assurer que l'inspiration correspondait à une courbe ascendante.
Il faut dire cependant que peut-être cette seconde action du diaphragme dépend de détails propres au jeu du thorax du Chien, et qui ne se reproduirait pas chez l'Homme. J'appelle sur ce point l'attention des personnes qui auraient occasion d'observer quelques-uns de ces cas rares et curieux où l'atrophie musculaire progressive n'a laissé enjeu, pour l'inspiration, que le seul diaphragme.
(*) 1. Respiration normale» — 2. Respiration exclusivement diapliragmatiquc.