‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 186 sur 289 · ACTION DU DIAPHRAGME SUR LES CÔTES · texte numérisé non relu

ACTION DU DIAPHRAGME SUR LES CÔTES

Si, maintenant, nous nous demandons comment il se fait que les fibres du diaphragme, en diminuant leur convexité, peuvent élever les côtes inférieures, nous répondrons avec Magendie et Duchenne (de Boulogne), qu'elles prennent un point d'appui supérieur sur les viscères dont les parois abdominales empêchent la projection en avant. La preuve en est que si, sur notre animal en expérience, nous ouvrons l'abdomen, la contraction du diaphragme ne soulève plus les côtes ; bien plus, lorsque le paquet viscéral est sorti entièrement du ventre, les côtes rentrent en dedans par l'action du muscle inspirateur, et reviennent assez lentement à leur hauteur première, comme le montre le tracé que nous obtenons aisément sur notre chien (voy. fig. 85) jj'f chaque excitation, abaissement de la ligne.

Fie 85 (-y). — Graphiques exprimant les mouvements des côtes inférieure par les contractions du diaphragme, les viscères abdominaux enlevés.

Il est donc complètement démontré par les expériences qui précèdent que, chez le chien, la contraction du diaphragme a pour double effet d'agrandir le diamètre transversal du thorax à sa région inférieure, de le rétrécir à sa région supérieure.

Veuillez me permettre d'arrêter un peu votre attention sur ces résultats, non pour leur valeur même et l'importance du problème qu'ils résolvent, mais à cause de la ques^ lion de méthode à laquelle ils se rapportent. S'il est un ordre de questions physiologiques dans lesquelles les simples considérations tirées de l'anatomie doivent paraître suf-

fisantes, c'est, à coup sûr, celles qui ont trait au rôle des différents muscles. Étant donnée cette connaissance physiologique primordiale, le raccourcissement actif de la substance musculaire ; étant connus les points d'attache du muscle, la disposition des leviers osseux, la forme des surfaces articulaires, il semble que des raisonnements très-simples ou des observations sur le cadavre doivent suffire pour déterminer nettement le rôle de ce muscle : et, de fait, il en est ainsi dans un bon nombre de cas. Mais pour peu que les conditions se compliquent, l'induction anatomique devient tout à fait impuissante; elle ne renonce pas pour cela à ses prétentions, et alors surgissent les explications les plus contradictoires jusqu'à ce qu'intervienne l'expérimentation sur le vivant, qui juge la question.

Nous retrouvons, à propos du diaphragme, ce que nous avons dit en parlant de la respiration des Tortues (voy. p. 289). Rien n'est établi, dans le domaine physiologique, tant que la méthode expérimentale n'a pas été mise en jeu ; les considérations tirées de l'anatomie ne peuvent donner que des vraisemblances, et ne doivent servir qu'à faire naître l'idée d'expériences qui décideront en dernier ressort. Et voyez quelle fécondité dans l'expérimentation ; non-seulement elle résoud les questions qu'on lui pose, et cela, nous en avons déjà eu des exemples cette année, quelquefois dans un sens opposé à celui qu'on attend, mais elle soulève souvent d'autres questions auxquelles elle répond en même temps. Nous voulons examiner l'action du diaphragme sur les côtes inférieures; du même coup, nous constatons son action, fort curieuse et paradoxale en apparence, sur les côtes supérieures. Ce sont là de petits faits, à coup sûr, mais la question de méthode leur donne de l'importance, et c'est pour cela que j'ai tenu à insister sur eux.

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