‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 189 sur 289 · RÔLE DES MUSCLES EXPIRATEURS · texte numérisé non relu

RÔLE DES MUSCLES EXPIRATEURS

trachée duquel se trouve un tube qui communique avec le levier de l'enregistreur, de faire entrer en contraction, à l'aide du galvanisme, l'ensemble des parois abdominales. Or, dans ces conditions, un peu d'air s'échappe encore par la trachée ; mais la quantité en est si minime qu'elle peut être négligée.

Le rôle de ces muscles se trouve donc nettement indiqué. Ils n'interviennent pas dans les mouvements ordinaires de l'expiration, tout le monde est d'accord là-dessus. Mais celle-ci doit-elle être, pour une raison quelconque, soudaine et énergique; s'agit-il de souffler, de crier, les muscles expirateurs se contractent et arrivent au secours de l'élasticité du poumon. Quelque obstacle existe-l-il à l'expiration, ils entrent de même en jeu. Mais on ne peut leur attribuer le rôle d'expulser le résidu del'air après que l'élasticité a faitson office, puisque nous avons vu que celte dernière puissance, dans ces conditions, va aussi loin qu'ils peuvent aller euxmêmes.

Lorsque les animaux périssent à la suite de la section des deux nerfs pneumogastriques, phénomène sur lequel nous reviendrons dans une prochaine leçon, il arrive parfois, dans les derniers temps de la vie, que ces deux facteurs de l'expiration, l'élasticité pulmonaire et les muscles abdominaux, agissent séparément et successivement. L'expiration, alors, se scinde en deux temps, séparée par une sorte de repos; il y a d'abord une expulsion brusque, due à l'élasticité pulmonaire; puis, après quelques instants, nouvelle expulsion, plus lente, qui correspond à la contraction des muscles expirateurs, comme l'inspection seule des efforts de l'animal le prouve suffisamment. Les tracés que nous vous montrerons dans une de nos prochaines leçons, vous donneront de ces faits plusieurs exemples,

362 DE L'EXPIKATION.

On obtient des phénomènes analogues à la suite de l'introduction de l'air dans le médiastin antérieur ; cet accident arrive assez fréquemment chez le Chien quand on fait quelque opération à la région inférieure du cou. L'expiralion prend alors la même apparence scindée en deux temps ; la raison en est facile à saisir. La rétraction du poumon, par suite de son élasticité, dilate l'air contenu dans le médiastin, et l'élasticité de celui-ci finit par s'opposer à ce que le pou* mon continue à chasser l'air qu'il contient; alors interviennent les muscles expirateurs, qui terminent ce que ne pouvait faire l'agent ordinaire de l'expiration.

Voici de ces faits un exemple, intéressant à un autre point de vue, et sur lequel nous aurons à revenir lorsque nous parlerons des effets de la section des nerfs pneumogastriques*

Fie. 87 (y,) Graphiques de la respiration d'un chien (*).

Il s'agit d'un jeune Chien auquel, depuis quatre mois, le pneumogastrique gauche est coupé. L'animal est couché sur le dos, et un tube est placé dans sa trachée, on obtient ainsi un tracé à peu près normal (voy. fig. 87, tracé n° 1). On lie alors le pneumogastrique droit; surviennent des troubles immédiats. L'animal fait des efforts de plus en plus énergi-

(*) \. Intact. — 2. 'Après entrée de l'air dans le médiastin. — 3. Après lésion de la moelle allongée

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