PÉNÉTRATION DE L'AIR DANS LA POITRINE
ques. Or, comme il est de très-petite taille, l'incision qu'on a faite au cou descend trop bas, et, depuis le commencement de l'expérience, l'air pénètre un peu dans la poitrine. Après la section du pneumogastrique, il y entre avec beaucoup d'énergie, et s'introduit même dans le sang, comme le prouva l'autopsie. Or, après deux minutes, le tracé est très-modifié, et, six minutes après la section, on obtient une expiration en deux temps très-accentuée (fig. 87, tracé n° 2). L'observation de l'animal montre que l'ascension brusque du levier, que suit un repos, se fait par la seule élasticité des parties, tandis que pendant la deuxième ascension, les muscles expirateurs interviennent énergiquement pour expulser l'air des poumons.
Je pique la moelle allongée avec un trocart, afin de tuer l'animal ; la lésion ne portant pas juste sur le nœud vital, le cbien n'est pas tué, mais les respirations diminuent énormément d'amplitude et même de nombre (fig. 87, tracé n° 3) ; elles deviennent même régulières d'apparence, et l'expiration ne se scinde plus en deux temps, probablement' à cause de la moindre amplitude. De temps en temps survient spontanément une sorte de convulsion, que l'on peut, du reste, artificiellement provoquer, etqui produit une brusque ascension du levier enregistreur.
On tue l'animal par hémorrhagie. A l'autopsie, on trouve de l'air dans la poitrine et dans le cœur droit; il y a même quelques petites bulles à gauche, qui ont traversé la circulation pulmonaire. La pneumogastrique gauche n'agit pas sur l'œsophage; le poumon gauche n'a plus de contractilité.
Du cri. — C'est pendant l'expiration que s'exécutent les mouvements du larynx, desquels résultent, grâce à la puissance des courants aériens, le chant et le cri. Dans le cri qui
succède à l'effort, l'expiration est brusque, soudaine; les muscles inspirateurs se détendent d'un coup, et les agents élastiques et contractiles de l'expiration entrent aussitôt en jeu. Dans le cri ordinaire, dans le chant surtout, il en va différemment.
Je ne m'occuperai que du cri symptomatique de la douleur. Quand il traduit une douleur vive, il est ordinairement bref et aigu; dans ce cas, l'expiration est soudaine, et, malgré le rétrécissement de la glotte, nécessaire pour la production du cri, il s'écoule pendant ce temps une grande quantité d'air. Je ne puis malheureusement vous faire voir de tracés confirmatifs de cette assertion, j'ai perdu ceux que j'avais recueillis sur des animaux intacts; mais j'aurai occasion de vous en montrer de relatifs à des animaux dont les deux pneumogastriques ont été coupés : ils présentent fréquemment ce phénomène. (Voy. leçon XXIV, expér. III, tracé n° à.)
Mais lorsque la douleur est peu violente, lorsque l'animal souffre plutôt de la gêne et de l'ennui, le cri est prolongé, et, dans ce cas, la glotte rétrécie débite, en un temps donné, une faible quantité d'air. Le tracé accuse celte nouvelle forme du cri par un ralentissement dans l'ascension du
Fig. 88 — Ralentissement de l'expiration pendant le cri prolongé (pneumographe). — Chien.
levier, qui Vêtait au début de l'expiration rapidement relevé. C'est ce que'monlre parfaitementle tracé que je mets sous vos yeux ; il a été obtenu à l'aide du pneumographe (fig. 88).