‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 191 sur 289 · DU CHANT · texte numérisé non relu

DU CHANT

Du chant. — Dans le chant, l'expiration, lentement et, par les chanteurs de profession, savamment régularisée, ménagée, ne laisse échapper qu'une quantité d'air en rapport avec l'énergie des vibrations laryngées. Les muscles inspirateurs restent alors pendant longtemps dans une contraction dont le relâchement graduel lutte habilement contre l'effort inintelligent de l'élasticité pulmonaire. Ne laisser échapper par la glotte que la quantité d'air précisément nécessaire pour produire l'effet désiré, est l'une des difficultés de l'art du chanteur.

Cet art, je ne le possède malheureusement pas : aussi ne puis-je vous demander de considérer comme se produisant au même degré chez les chanteurs habiles le phénomène dont je veux vous parler et vous donner la manifestation écrite. Quoi qu'il en soit, il m'a paru assez intéressant pour mériter que je vous en entretienne.

Je place autour de ma poitrine la ceinture et le pneumographe. Sur le cylindre tournant ont été tracées à l'avance deux lignes parallèles. Je fais une inspiration mesurée de telle sorte, que le levier de l'enregistreur arrive au niveau de la ligne inférieure; puis je chante une note tenue jusqu'à ce que le levier, en se relevant, arrive au niveau de la parallèle supérieure. J'obtiens ainsi une ligne qui est sensiblement une droite d'une certaine longueur.

Je fais alors une inspiration nouvelle jusqu'à ce que le levier soit revenu à son point de départ, et je chante une autre note tenue jusqu'à ce que le levier soit arrivé encore à la parallèle supérieure. Il est évident que ma poitrine était gonflée exactement au même degré que dans l'expérience première et qu'il en est sorti la même quantité d'air. Or, la ligne tracée par le levier est encore à peu près une droite de même forme et de même longueur que la précédente.

C'est dire que le débit aérien de la glotte a été le même, et cela quelle que soit la note que j'aie émise, à la condition que ce soit une note de poitrine, car les notes du registre de fausset m'ont présenté trop de difficultés et des résultats peu nets. Ainsi, dans les notes élevées, la rapidité du courant d'ail nécessaire pour faire vibrer les cordes vocales tendues compense à peu près ce qu'enlève au débit le rétrécissement de la glotte.

Mais si, au lieu de chanter une note tenue, je chante une gamme, un arpège, ou surtout un air un peu plus compliqué, le phénomène change, que la gamme soit ascendante ou descendante. Dans ce cas, le débit aérien de la glotte augmente considérablement, et le levier se relève beaucoup plus vite ; la même quantité d'air, en un mot, est sortie en beaucoup moins de temps par l'orifice du larynx.

Je vous demande la permission de ne pas répéter les expériences en chantant devant vous, et de vous présenter seulement trois tracés qui expriment suffisamment ces différences singulières.

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Fig. 89 (— ). — Modifications dej'expiration pendant le chant.

L'abaissement du levier correspond toujours à des inspirations sensiblement égales. Dans le tracé n° 1 , les chiffres correspondant à la durée des expirations sont :

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