‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 196 sur 289 · CONTRACTION DES MUSCLES LISSES · texte numérisé non relu

CONTRACTION DES MUSCLES LISSES

exactement avec l'application de l'excitant (—); il y a là une soudaineté qui indique l'action d'un muscle strié et non celle d'un muscle lisse : les expériences de Rugenburg trouvaient dans ce graphique une confirmation. En outre, à chaque fois que j'électrisais, je constatais un fort mou-

Fig. 90 (~). — Effet de la contraction combinée de l'œsophage et du poumon (1), ou de l'œsophage seul (2).

vement de l'œsophage, et la trachée rentrait un peu dans la poitrine, attirée par ces contractions. Je voulus voir alors quelle courbe donnerait l'excitation de l'œsophage; celui-ci fut séparé du corps, fermé à l'une de ses extrémités, mis, par l'autre, en rapport avec l'enregistreur, puis modérément insufflé. L'excitation électrique ( — ) et son interruption donnent alors les tracés brusques que vous avez sous les yeux, (voy. fig. 90, tracé n° 2) ; le levier s'élève aussitôt qu'on excite, s'abaisse aussitôt qu'on arrête.

Les muscles lisses donnent un résultat différent. Nous avons légèrement insufflé l'estomac, et nous l'avons excité. Le levier a mis environ deux secondes avant de s'élever, puis il s'est élevé lentement, et a continué même son mouvement après la cessation de l'électricité; la descente fut aussi lente que la montée (voy. fig. 91, tracé n° 1).

La vessie, mise de même en expérience, adonné un résultat semblable, en ce sens quele mouvement s'est fait également attendre ; mais l'ascension du levier a été, une fois commencée, beaucoup plus rapide et plus brusque ; enfin, l'exci-

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tant enlevé, la contraction a persisté pendant plusieurs minutes, en cédant très-lentement (fig. 91, tracé n° 2).

Fig. 91 (~). — Effets de la contraction de l'estomac (1) et delà vessie (2).

Or, la contractilité de l'appareil pulmonaire devait trèsprobablement se rapprocher de celle de l'estomac.

Mes efforts m'avaient donc amené à des résultats contraires à ceux que j'attendais. Je m'attachai alors à donner à cette nouvelle démonstration toute la rigueur possible; je répétai les expériences, toujours avec la même issue.

J'étais bien loin de transformer en affirmation les conséquences de tant d'expériences négatives, quand un jour, enfin, galvanisant le poumon, j'obtins un mouvement, un tracé.

Je me suis permis, messieurs, de vous raconter ces faits préliminaires, pour vous donner un exemple des difficultés que présentent en physiologie des constatations qui semblent, à première vue, les plus simples et les plus faciles ; pour vous montrer, en outre, une fois de plus, combien est exact ce principe qu'il n'y a pas de contradictions entre les faits, qu'il y a seulement des différences dans les conditions expérimentales.

Voyez : Williams annonce qu'en s'y prenant de telle façon, on met en évidence la contractilité pulmonaire ; Wintrich répète l'expérience, il suit de très-près les indications de Williams; il obtient un résultat contraire. Je reprends la question; j'arrive au même résultat que Wintrich, je vais conclure comme lui: et cependant, Williams avait raison.

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