SA DÉMONSTRATION GRAPHIQUE
Quelle condition particulière s'était donc introduite à mon insu, qui changeait ainsi les conséquences d'expériences en apparence identiques? Cette condition, la voici : j'insufflais trop les poumons dont je voulais enregistrer les mouvements.
Voici comment il faut s'y prendre, et comment ont été obtenus les tracés que je vous présente aujourd'hui.
L'animal (Chien) vient d'être tué ; un tube a été solidement fixé dans sa trachée. J'ouvre la poitrine, j'extrais les poumons, j'en sépare le coeur et l'œsophage, et je les place sur la table; ils sont presque entièrement affaissés, Je mets alors directement, sans flacon intermédiaire, le tube trachéen en communication avec le levier enregistreur, très-sensibilisé; puis je galvanise avec un courant induit en appliquant autour de la trachée et à l'extrémité opposée des poumons, deux larges plaques métalliques qui servent de conducteurs.
Dans ces conditions, j'obtiens les tracés que je vous présente, et qui sont tout à fait caractéristiques de la contraction des fibres lisses (voy. fig. 92) .
Fig. 92 {-r). — Effets de la contraction pulmonaire chez le Chien (*).
Le premier tracé (fig. 92, tracé n° 1) est le résultat d'une galvanisation prolongée de — en j .Vous voyez qu'après un temps assez court, mais constatable, le levier s'est élevé
(*) 1. Excitation prolongée. — 2. Excitation instantanée. — 3. Excitation du nerf pneumogastrique. La ligne droite, au haut de la figure, indique le repos.
376 C0NTHACTIL1TÉ PULMONAIRE.
lentement, qu'il s'est maintenu longtemps au même niveau, et qu'après la cessation de l'excitation, il est redescendu lentement encore ; c'est là le caractère d'une contraction de fibres lisses. Cependant, le temps qu'amis le levier à obéir ne donne pas une mesure exacte de la durée que met le muscle à obéir à l'excitant, car il faut une certaine force pour que la membrane se soulève, et l'obtention de cette force demande naturellement d'autant plus de temps que l'appareil est moins sensible.
Voici une autre expérience (fig. 92, tracé n° 2) dans laquelle l'excitation électrique n'est pas prolongée, mais instantanée ( — ). La courbe monte notablement plus vite; mais elle redescend très-lentement, et met à peu près deux minutes à revenir au point de départ. Notez que ce tracé a été obtenu quarante-huit minutes après la mort de l'animal, et que nous avions souvent, dans l'intervalle, galvanisé les poumons.
En même temps que les poumons, j'enlève les nerfs pneumogastriques, dont les fibres pulmonaires sont encore intactes. L'excitation directe de ces nerfs fournit un tracé (fig. 92, tracé n° 3) sensiblement identique avec le tracé n° 2.
Cette action du nerf pneumogastrique sur les fibres du poumon, se conserve pendant quinze à vingt minutes après la mort de l'animal.
Lorsque sur l'animal vivant on coupe un des pneumogastriques au cou, le bout périphérique cesse à peu près en . même temps de pouvoir agir sur l'œsophage, le cœur et le poumon. Cette dégénérescence physiologique arrive vers le quatrième jour.
En conservant l'animal plus longtemps, on voit que la contractilité pulmonaire elle-même finit par disparaître. Cela m'a été présenté par un Chien dont le pneumogastrique