LEUR SECTION DANS LE CRANE. &5S
pendant un temps assez long, pendant une heure par exemple, sans présenter d'autres troubles que ceux qui doivent suivre à la fois une énorme hémorrhagie et la section, au lieu ordinaire, des deux pneumogastriques. L'autopsie, dans ces circonstances, me montrait que la section des racines avait été bien complète.
Il est bon de dire, du reste, que la section des nerfs pneumogastriques a pour effet immédiat de rendre l'animal qui l'a subie beaucoup plus susceptible à la plupart des genres de mort. C'est ainsi, par exemple, que j'ai vu plusieurs fois un chien engourdi par le curare, mais dont la vie ne paraissait pas en péril, mourir rapidement si l'on sectionnait ses deux pneumogastriques. La susceptibilité des animaux ainsi opérés pour le chloroforme est des plus remarquables ; il faut prendre les plus grandes précautions pour les anesthésier sans les tuer, mais on les anesthésie parfaitement : j'appuie sur ceci, parce que j'ai été profondément surpris de trouver, dans un récent travail d'un des médecins les plus érudits de Paris, cette assertion que le chloroforme n'agit plus sur les animaux à qui les deux pneumogastriques ont été coupés ; il n'agit, au contraire, que trop énergiquement.
Je n'insisterai pas davantage sur ce sujet; je préfère donner des développements considérables à une autre question qui n'est livrée que depuis beaucoup moins longtemps aux disputes des physiologistes, et qui, cependant, présente un intérêt peut-être plus grand. Je veux parler des effets sur la respiration de l'excitation du nerf pneumogastrique, nerf auquel il faut adjoindre, comme nous le verrons, pour cette question spéciale, le nerf laryngé supérieur et le nerf nasal, c'est-à-dire les nerfs qui président à la sensibilité des orifices respiratoires.