‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 233 sur 289 · VINGT-CINQUIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-CINQUIÈME LEÇON

Suspension de la respiration par l'excitation du nerf pneumogastrique, du nerf laryngé supérieur et du nerf nasal. — Historique. — Expériences sur les Mammifères.

Messieurs,

Si les effets de la section des nerfs pneumogastriques sur le rhythme respiratoire ont été depuis longtemps remarqués, il n'en est pas de même de ceux de l'excitation de ces mêmes nerfs. Traube paraît être le premier qui se soit occupé de cette question. Dès 1847, il vit, dit Rosenthal (1), auquel j'emprunte cette indication, que l'excitation par un courant d'induction du bout central d'un nerf vague coupé arrête la respiration, que cet arrêt a lieu en inspiration par contraction durable du diaphragme, et, enfin, que cet effet est indépendant de la douleur.

En 1852, Claude Bernard (2), sans connaître les expériences de Traube, constata cet arrêt de la respiration par l'excitation du bout central du nerf pneumogastrique à l'aide d'une machine de Breton ; l'arrêt eut toujours lieu en inspi-

(1) ccx.

(2) CCIX, t. I, p. 371.

ration, et les mouvements reparurent pendant que l'on continuait l'excitation électro-magnétique.

Ces expériences, non plus que celles de Traube, ne paraissent pas avoir été connues des physiologistes; car, en 1854, Eckhard (1) et Budge (2) déclarèrent que l'arrêt de la respiration par l'excitation du nerf vague, arrêt qu'ils crurent chacun avoir découvert, a lieu pendant la phase expiratoire. Budge est particulièrement affirmatif à ce sujet.

Plus tard, Budge (3) conclut qu'il existe deux centres nerveux respiratoires, l'un présidant à l'inspiration, l'autre à l'expiration. Ce dernier est en rapport avec les nerfs vagues, et quand on excite ceux-ci, on a une augmentation d'action du centre expiratoire : si l'excitation est légère, les mouvements sont diminués en nombre ; si elle est forte, ils sont arrêtés par prédominance du centre expiratoire.

Mais bientôt Snellen (4) énonça des conclusions différentes. Pour le physiologiste hollandais, l'excitation du pneumogastrique ou de son bout central arrête le diaphragme en un état permanent d'inspiration; cela a même lieu chez les animaux rendus insensibles par l'action de l'éther.

Enfin, von Helmoltz (5) crut avoir établi qu'une excitation modérément énergique détermine la contraction des muscles inspirateurs, tandis qu'une excitation très-forte amène une contraction extraordinaire des muscles de l'expiration. Aubert et von Tschischwits (6) se rangèrent bientôt à cette opinion conciliatrice.

Cependant la question n'était pas jugée ; tandis queLôwin-

(1) GCXI.

(2) GCXII.

(3) GCXIII.

(ù.) CCXIV.

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