VARIATIONS DANS LE RAPPORT
Je sais bien que, dans ces cas, l'atmosphère graduellement viciée introduit dans la question des conditions nouvelles ; mais les expériences étant conduites semblablementet comparativement, ces conditions seront les mêmes pour tous les animaux, et par suite on ne peut leur attribuer les différences qui seront constatées entre les résultats. Nous retrouvons ici cette querelle entre l'absolu et le relatif sur laquelle je vous ai déjà exprimé mon opinion (voy. p. 38).
Je ne reproduirai pas ici ces réflexions, d'autant plus que, relativement à la question actuelle, je puis invoquer ma propre expérience. J'ai en effet, à l'aide de simples cloches ainsi disposées, retrouvé les différences dans la valeur du
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rapport — qu'avaient signalées Regnault et Reiset chez
les animaux à jeun comparés aux animaux en digestion, chez les animaux en torpeur hibernale (j'employais les Lérots) comparés aux mêmes animaux parfaitement éveillés. Je devais commencer par celte espèce d'épreuve préliminaire de ma méthode expérimentale, afin de donner de Pau-, torité aux résultats nouveaux que j'aurais pu constater. Malheureusement j'en suis resté à cette phase d'études et de vérification, qui m'a seulement facilité le travail pour l'avenir.
Influence de la taille des animaux sur la consommation d'oxygène. — Il est cependant un résultat de ces recherches dont je veux vous entretenir, parce qu'il réfute une interprétation erronée qui paraît s'être glissée partout, d'expériences fort exactes. Je ne vous parlerai que de ce qui a trait à
l'absorption d'oxygène, laissant de côté la question du rap-
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port — .
' On sait, depuis les recherches de Letellier (1), et celles de
(1) GGXXXIV.
Regnault el Reiset (1), que la respiration des animaux de petite taille est, proportionnellement â leur poids, beaucoup plus active que celle des grands animaux. Ainsi, selon Regnault et Reiset, la quantité d'oxygène absorbé par 1 kilog. de Poule en 1 heure étant de lgr,l, celle du même gaz absorbé par 1 kilog. de petits Oiseaux a varié de 9gr,7Zi à ïh grammes.
Ces derniers auteurs ont donné de ces différences énormes une explication d'ordre purement physique et fort simple. La respiration, disent-ils, augmente d'activité lorsque l'animal à sang chaud est obligé de soutenir sa chaleur propre, contre des causes de refroidissement qui augmentent elles-mêmes. Or, un petit animal a, par rapport à son poids, une surface cutanée beaucoup plus étendue qu'un gros animal de forme semblable (les volumes variant comme les cubes, les surfaces comme les carrés d'une des dimensions). De là, pour le petit animal, obligation de respirer davantage, pour faire face à une déperdition extérieure plus active.
L'explication donnée par Regnault et Reiset a été universellement acceptée. Mais les physiologistes ou les physiciens qui l'ont reproduite s'expriment comme s'ils pensaient que le refroidissement dû à liTplus grande surface cutanée est la cause immédiate de l'activité respiratoire, et que l'animal obéit, en respirant davantage, à une sorte de sensation inconsciente, comme il ferait, du reste, si l'on abaissait simplement autour de lui la température de l'air.
Il est facile de montrer que cette interprétation est erronée. Pour cela, je prenais un Moineau franc et un Pigeon ; je les plaçais sous des cloches de dimensions proportionnées à leur taille, et renversées sur le mercure. L'air de ces cloches