ANIMAUX DE TAILLES DIFFÉRENTES
se trouvait à une température moyenne, et n'était pas saturé, Ayant déterminé la quantité d'oxygène consommé pendant un temps donné, je laissais mes animaux se reposer, et, quelques heures après, je les replaçais sous les cloches. Mais, cette fois, l'air avait été, au préalable, élevé à une température où la déperdition par contact était à peu près nulle ; on l'avait, de plus, saturé d'humidité, pour éviter la déperdition par évaporation pulmonaire et cutanée. Or, dans ces conditions, le Moineau continuait à absorber, quant à son poids, beaucoup plus d'oxygène que le Pigeon. Voici les détails d'une de ces doubles expériences :
Première phase : Le Moineau (25 grammes) fut placé dans une cloche de ll,100; le Pigeon (385 grammes), dans une cloche de 16',3/iO; température 18 degrés. Ils y restèrent une vingtaine de minutes, pendant lesquelles le Moineau s'agita beaucoup, le Pigeon restant assez tranquille. Le résultat fut que :
100 gr. de Moineau avaient absorbé, en une heure, 1150 c. cub. d'oxygène, 100 gr. de Pigeon 118 —
Deuxième phase : une heure après, mêmes vases ; la température des cloches était d'environ 30 degrés. Le Pigeon s'agita beaucoup, tandis que le Moineau, par une opposition singulière, demeura complètement immobile. On vit alors que :
100 gr. de Moineau avaient absorbé, en une heure, 467 c. cub. d'oxygène 100 gr. de Pigeon 234 —
Ainsi, à la température de 30 degrés, malgré le calme remarquable du Moineau, malgré l'agitation du Pigeon, celui-ci consomma encore moitié moins d'oxygène que ne fit le petit Oiseau.
Si donc les petits animaux absorbent, en un temps donné et pour un poids donné, plus d'oxygène que les gros, cela ne tient pas seulement au refroidissement incessant auquel leur petite taille les expose. Il n'y a pas seulement à cela une cause purement physique, mais encore une cause physiologique. Les tissus, normalement, consomment plus d'oxygène chez les petits animaux que chez les gros, et cet effet se produit en dehors même du refroidissement extérieur. Sans doute, celui-ci intervient et augmente les effets dus à la différence des propriétés des tissus ; mais un petit animal n'est pas absolument assimilable à un gros animal placé dans un milieu froid. Le phénomène qu'il présente n'est pas seulement une réaction contre un agent extérieur : ses raisons existent au plus intime de l'être. Mais ici comme toujours, nous trouvons à constater l'admirable harmonie qui unit les qualités propres de l'être avec les conditions où il vit, sans nous en étonner plus que de raison, puisqu'il faut bien que ce qui est ait sa raison d'être, que ce qui existe possède ses conditions d'existence.
Asphyxie dans une atmosphère confinée. — Je me propose de vous entretenir maintenant d'une question qui a d'intimes relations avec celle des modifications de l'atmosphère par les échanges respiratoires, puisqu'elle a trait au degré de compatibilité de ces modifications avec ces échanges, ou pour parler plus clairement, à la composition de l'atmosphère altérée qui ne permet plus la respiration, la vie.
Quand un animal est enfermé dans un espace clos, il y périt au bout d'un certain temps. L'étude des causes de la mort a de tout temps, et particulièrement au siècle dernier, beaucoup préoccupé les physiologistes. Sans revenir sur les idées plus ou moins singulières qu'on s'est faites successi-