‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 244 sur 289 · CONVULSIONS · texte numérisé non relu

CONVULSIONS

vement pour leur explication, idées dont je vous ai dit quelques mots dans notre première leçon, nous pouvons dire aujourd'hui que la mort a lieu en présence d'une atmosphère appauvrie en oxygène et chargée d'acide carbonique. Quant à savoir auquel de ces deux facteurs il faut rapporter la cause de la mort, s'ils y concourent tous les deux, dans quelle mesure ils agissent, il serait aujourd'hui, je pense, malgré les travaux nombreux et importants de Collard de Martigny, de Snow, etc., assez difficile de se prononcer pertinemment.

Lorsqu'un animal est placé sous une cloche, on le voit, après un temps plus ou moins long, donner des signes de malaise ; son poil se hérisse, il s'agite dans le vase, si quelque fissure laisse entrer un peu d'air frais, il y applique avidemment ses narines. Sa respiration s'est accélérée, elle devient haletante. Puis elle se ralentit, en même temps que l'animal semble se calmer, ou du moins ne s'agite plus avec la même énergie ; plus lente, elle devient plus ample. Enfin, l'animal tombe au fond de la cloche ; il n'a plus que quelques rares mouvements ; la gêne respiratoire est maintenant de l'angoisse ; il ouvre béantes les narines et la bouche ; il fait d'énormes efforts ; ses pupilles se dilatent, son intelligence, sa sensibilité sont de moins en moins actives : enfin la mort survient.

Mais immédiatement avant la mort apparaît souvent un phénomène sur la valeur théorique, sur la présence ou l'absence duquel on a, à mon sens, beaucoup trop disserté : je veux parler des convulsions qui accompagnent d'ordinaire la mort par asphyxie, comme elles accompagnent la mort par hémorrhagie. Dans la grande majorité des cas, on constate ces convulsions ; elles manquent cependant parfois. Mais nous pouvons, à volonté, les obtenir ou non.

Devant vous sont placés, sous des cloches de capacité fort inégale, deux Sansonnets (Sturnus vulgaris, Lin.).

Tous deux sont morts asphyxiés au commencement de la séance ; mais leur mort a semblé bien différente.

Celui-ci, que renferme une petite cloche de 900 centimètres cubes, est mort en 45 minutes ; les signes de gêne respiratoire sont apparus très-vite; les phases diverses de l'asphyxie ont été rapidement parcourues, et l'immobilité définitive a été précédée de convulsions très-violentes, que vous avez remarquées.

L'autre, placé depuis neuf heures et demie sous une cloche mesurant ïl\ litres, n'a commencé à souffrir que depuis deux ou trois heures; tout, dans la marche des phénomènes asphyxiques, a été lent et graduel ; il est resté longtemps à peu près incapable de mouvement, étendu sur l'eslrade qui le maintenait à une certaine hauteur ; ses respirations sont devenues de plus en plus lentes, de plus en plus faibles, et la limite fatale a été franchie sans qu'aucun mouvement convulsif en ait signalé le passage à votre attention. Si vous le touchez, vous constatez aisément que sa température est moins élevée que celle de l'autre oiseau, mort dans la petite cloche.

Ainsi, mort dans un vase étroit, convulsions ; mort dans une vaste enceinte, pas de convulsions. Ou encore, mort rapide, convulsions ; mort lente, pas de convulsions.

Or, si nous faisions l'analyse de l'air contenu dans ces deux vases, et dont la présence a causé la mort des Oiseaux, nous ne trouverions entre les deux vases que des différences incapables d'expliquer la différence des résultats. Il faut donc attribuer celles-ci à la lenteur ou à la rapidité de la mort, en des termes plus exacts, à l'état d'affaiblissement

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