‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 25 sur 289 · PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES

que Galien montrât, contrairement à l'opinion d'Érasistrate, les artères pleines de sang et non d'air; que Vésale redressât l'erreur singulière de Galien sur la perforation de la cloison des ventricules du cœur ; que Michel Servet découvrît la circulation pulmonaire, et les modifications que l'air y apporte dans le sang : a A pulmonibus prœparatur; flavus efficitur, et a vena arteriosa in arteriam venosam transfunditur » ; que Césalpin, retrouvant cette circulation pulmonaire, entrevît la circulation générale, et qu'enfin Harvey, selon l'excellente expression de Flourens (1) , vînt établir ce qui avait été seulement indiqué ou soupçonné.

Dans un autre ordre de faits, après Galilée et Robert Boyle, le baromètre et la machine pneumatique permirent d'étudier les effets de la soustraction de l'air, en dehors de ses altérations chimiques, sur la respiration et la vie des êtres animés. Enfin, les vues et les découvertes partielles de Van Helmont, de Robert Boyle, de J. Mayow, de J. Black, dePriestley, étendues, fécondées par le génie de Lavoisier, amenèrent la plus soudaine et la plus grande des révolutions qu'ait enregistrées l'histoire des sciences. Tout à la fois, cet homme véritablement grand découvrit la composition de l'air, et établit les bases réelles de la théorie de la respiration.

Nous pourrions donc faire partir de Lavoisier l'histoire même de la respiration ; mais les travaux antérieurs à son époque mémorable présentent encore aujourd'hui un véritable intérêt ; il y aurait injustice, d'autre part, à ne pas signaler les faits par lesquels des hommes éminents ont préparé le terrain sur lequel Lavoisier édifia, et la part de vérité qu'ils ont chacun possédée.

Dans cette revue, que je désire rendre aussi rapide que

(1) II, p. 28.

possible, des principales théories de la respiration, je passerai cependant sous silence les idées, je n'ose dire les rêveries, des philosophes grecs, et je ne vous parlerai ni des doctrines d'Érasistrate, selon qui nous ne respirons que pour remplir d'air nos vaisseaux artériels, ni de la théorie des deux paniers duTimée de Platon, conception abstruse que, pour ma part, malgré des efforts réitérés et nonobstant les commentateurs, je suis obligé de déclarer absolument incompréhensible.

Le premier point sur lequel j'appellerai votre attention, c'est l'établissement de ce fait capital, que tous les êtres vivants, et spécialement que tous les animaux, ont besoin d'air pour vivre.

La démonstration de cette vérité est due aux physiciens de l'Académie del Cimento, à Robert Boyle, à Huyghens, Stairs, Derham, à Jean Bernouilli, etc.

Les physiciens de Florence faisaient le vide d'un coup, à l'aide d'une espèce de baromètre, à vaste chambre, fermée par une vessie ; Robert Boyle et les physiciens anglais employaient le vide graduel de la machine pneumatique.

Tous reconnurent qu'aucun animal ne peut vivre dans le vide; seulement, tandis que les oiseaux y périssent rapidement, les reptiles luttent plus longtemps, les grenouilles, les poissons, les écrevisses (même en présence de l'eau) plus encore, et les insectes peuvent résister pendant plusieurs jours (1). Jean Bernouilli vit, de son côté, que les poissons ne peuvent vivre dans de l'eau d'où l'on a chassé l'air par l'cbullition.

Il se trouva ainsi établi que tous les animaux ont besoin

(1) III, part, ctr., tome I, p. 46-61, avec notes importantes de van Muschenbrock, et ibid, t. VI, p. 23-57 et 146.

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