‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 26 sur 289 · NÉCESSITÉ DE LA PRÉSENCE DE L*AIR · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DE LA PRÉSENCE DE L*AIR

d'air, et que ceux qui vivent dans l'eau en trouvent, dans ce liquide, une quantité suffisante à l'état de dissolution.

Je répète devant vous une de ces expériences célèbres, en agissant à la fois sur un mammifère (rat) , sur un oiseau (moineau franc) et sur une grenouille. Les animaux étant placés sous la cloche, on commence à faire le vide, rapidement. Après un premier mouvement d'inquiétude, les deux animaux à sang chaud ne paraissent plus s'occuper de la raréfaction de l'air. Cependant, quand celle-ci est arrivée vers 30 centimètres de mercure, le moineau parait un peu inquiet, et commence à hérisser ses plumes ; le rat est tranquille ; la grenouille s'est gonflée, et demeure immobile. A 25 centimètres, le rat s'agite et ses poils se rebroussent. A 20 centimètres, l'oiseau tombe sur le flanc ; le rat marche sous la cloche, en trébuchant un peu; à 12 centimètres, il tombe à son tour ; à 10 centimètres, l'oiseau est mort, le rat respire, la grenouille est encore immobile et gonflée. Je fais rentrer de l'air ; aussitôt la grenouille se dégonfle et bondit ; le rat se relève, marche et revient assez vite à lui. Ainsi l'oiseau, contrairement à ce que supposait Muschenbroek, supporte moins bien que le mammifère les diminutions considérables de pression; cependant c'est, dans la nature, le type oiseau qui s'y expose le plus souvent et le plus rapidement.

Dans d'autres expériences, j'ai vu des chats, nés de la veille, séjourner pendant huit minutes sous la cloche où la pression n'était plus que de S centimètres de mercure, y perdre tout mouvement spontané, et revenir à eux quand on les retirait.

Il faut bien remarquer que, dans ces expériences, les troubles de la circulation sont pour beaucoup dans la mort. Mais il n'en est pas moins vrai qu'elles ont servi à prouver la

nécessité de la présence de l'air pour la vie des animaux.

Une autre vérité non moins importante, qui ne fut nettement établie que par Robert Boyle, c'est la nécessité que cet air soit constamment renouvelé. Aristotele savait déjà, et attribuait, comme nous l'avons dit, la mort des animaux renfermés dans des vases clos à réchauffement de l'air confiné. Mais Robert Boyle démontra d'abord qu'on ne peut prolonger la vie, des animaux, même en refroidissant convenablement l'air (1), tandis qu'ils peuvent vivre fort longtemps si on leur fournit de temps en temps de l'air nouveau. Ceci fut corroboré par les expériences de Hook, qui inventa la respiration artificielle, et put, en la pratiquant, entretenir pendant plusieurs heures la vie d'un chien, par le simple jeu d'un soufflet.

Ainsi se trouvaient démontrées non-seulement la nécessité de la présence de l'air, mais celle de son renouvellement, conditions qui étaient ainsi à la fois nécessaires et suffisantes pour l'entretien de la vie des êtres animés.

Voyons maintenant quelles théories principales ont été imaginées, avant ou après la découverte de ces principes importants, pour expliquer en quoi sont nécessaires les actes respiratoires.

Les théories de la respiration peuvent être, pour la commodité de l'exposition, classées sous les quatre chefs suivants : théories mécaniques, physiques, dynamiques ou vitales, et chimiques, que je place en dernier rang, parce que la victoire leur est restée.

1° Théories mécaniques. — Ces théories, il faut le dire d'abord, ne pouvaient s'appliquer qu'aux animaux munis de poumons. Elles supposaient, en effet, que l'introduction

(I) III, part, ctr., t. VI, p. 50.

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