THÉORIE DES AUTEURS
» nouveau-né respire, et, s'il ne respire pas, le trou de » Botal et le canal artériel. La circulation est donc assurée » chez ce dernier. Si la respiration lui manque, il mourra » sans doute, mais il mourra une demi-heure ou une heure » plus tard, parle fait de la véritable asphyxie; tandis que » l'adulte, n'ayant point la ressource d'un trou de Botal et » d'un canal artériel, aura succombé en deux ou trois mi- » nutes, par embarras de la circulation. Si l'on ne voulait » pas admettre celte explication, il faudrait supposer que le » manque d'oxygénation du sang est plus prochainement » nuisible à l'adulte qu'au nouveau-né. J'aime mieux m'en » tenir à l'opinion que le sang traverse moins facilement le » poumon quand la circulation est interrompue. »
« Ainsi, ajoute-t-il, la faculté de résister à la suppression » de la respiration est incontestablement liée à l'existence » du trou de Botal et du canal artériel. »
Mais s'il en était ainsi, comment expliquer que les animaux nouveau-nés résistent si longtemps non-seulement à l'asphyxie brutale par submersion ou par strangulation, mais à l'asphyxie lente et graduelle par respiration d'un gaz incapable d'entretenir la vie. Rappelez-vous ces Rats âgés déjà de quatre ou cinq jours, dont je vous citais l'observation dans notre leçon dernière, et qui donnèrent des signes de vie pendant plus de vingt minutes dans une atmosphère d'azote. Un Rat adulte y serait mort en dix fois moins de temps; cependant rien ne s'opposait au passage du sang à travers le poumon, et les orifices fœtaux ne donnaient aux jeunes animaux aucun avantage sur l'adulte.
Mais laissons-là les raisonnements et allons droit à l'expérience. Dans les jours qui suivent la naissance, on voit d'un côté diminuer graduc'lement, puis se perdre, la faculté de résistance, et d'autre part, s'oblitérer le trou de Botal elle
canal artériel. Il n'en fallait pas davantage pour servir d'argument nouveau à ceux qui veulent établir entre ces phénomènes concomitants les relations de cau:e à effet. Mais cette apparente coïncidence est-elle toujours bien exacte? Pour m'en assurer, j'ai examiné avec un soin minutieux ce que m'ont présenté déjeunes Rats sur lesquels j'ai expérimenté. Ces animaux appartenaient à deux portées; je les ai noyés dans de l'eau tiède à la température moyenne de 20 degrés.
Le tableau que je mets sous vos yeux résume les résultats de ces expériences.
N° 1, Rat âgé de 12 à 15 heures, fait un dernier mouvement à 30 minut.
N° 2 3 jours 27 —
N° 6 10 llm,30s
N° 7 13 7ni,20s
N° 9 ! 20 * lm,3.V
Ainsi, après vingt jours, un jeune Rat périt sous l'eau à peu près dans le même temps qu'un Rat adulte. Cet âge est, veuillez le remarquer, celui où le jeune animal mangeant seul, commence à s'éloigner de sa mère, et à vivre d'une vie tout à fait indépendante.
Si maintenant nous comparons aux faits rapportés dans le tableau, les résultats des autopsies faites avec soin, nous voyons que dans les n08 1, 2, h, les conduits et orifices fœtaux étaient encore béants, bien que de moins en moins larges, tandis que dans le n° 5 leur perméabilité était au moins douteuse, et que dans le n° 6, c'est-à-dire à partir du dixième jour, elle avait très-certainement disparu.
Or, ce n° 6, dont la circulation se faisait exactement comme celle d'un adulte, a vécu plus de onze minutes là