‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 31 sur 289 · TEMPÉRATURE DU SANG. — EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE DU SANG. — EXPÉRIENCE

dans laquelle étaient antérieurement tombés John Davy (1) et d'autres physiologistes.

Je désire répéter devant vous l'expérience de Cl. Bernard; mais au lieu d'employer les thermomètres, je mettrai en usage des aiguilles thermo-électriques. Cette manière d'agir présente un double avantage. D'abord les mouvements de l'aiguille du galvanomètre peuvent être facilement observés par plusieurs personnes; ensuite, la grande sensibilité de l'appareil permet d'expliquer certaines contradic- . tions apparentes auxquelles on a donné, dans ces derniers temps, une beaucoup trop grande importance.

Un chien de haute taille, à jeun, étant fixé sur la table, et bien tranquille, on introduit par la carotide gauche une aiguille thermo-électrique à soudure terminale, qui pénètre jusque dans le ventricule gauche. Puis, aussitôt, une autre aiguille est introduite dans la veine jugulaire droite, traverse rapidement l'oreillette, et entre dans le ventricule droit. Vous voyez que l'aiguille du galvanomètre, après s'être violemment agitée, prend bientôt une situation fixe qui indique un excès de température dans le côté droit du cœur. Ainsi, dans cet état de calme, le sang veineux du ventricule droit est plus chaud que le sang artériel. Mais n'attendons pas longtemps en laissant ainsi l'aiguille en place, car voici que le cœur s'agite tumultueusement, et que l'aiguille galvanométrique change d'orientation. Retirons un moment les aiguilles.

Si maintenant nous replaçons celle de gauche dans le ventricule, mais si nous arrêtons celle de droite dans l'oreillette, nous allons faire changer, pour ainsi dire, à volonté, l'intensité et peut-être même le sens du courant

(1) XX, p. 465.

thermo-électrique. Voyez, Je galvanomètre indique une augmentation notable de chaleur; c'est qu'en enfonçant plus loin mon aiguille, j'ai eu la bonne fortune d'entrer non dans le ventricule dont je sentirais les contractions, mais dans la veine cave inférieure, qui rapporte le sang chaud du foie; si notre animal était en digestion, la déviation serait encore plus forte. Mais voici qu'au contraire je retire l'aiguille; l'animal, au reste, s'agite et se plaint; l'aiguille du galvanomètre rétrograde et s'en vient presque jusqu'au zéro, C'est que je me trouve en face du débouché des veines jugulaires apportant le sang des membres antérieurs, sang refroidi (J. Davy, Becquerel et Breschet) (1) ; c'est qu'en outre l'agitation de l'animal amène le sang des extrémités postérieures ou antérieures en bien plus grande proportion relativement au sang des veines sus-hépatiques. J'ai même vu, dans ces circonstances, l'aiguille passer de l'autre côté du zéro, et indiquer un léger excès de température du cœur gauche sur le cœur droit. Mais ici, pour obtenir cet effet, il nous faut sortir de l'oreillette et placer notre soudure au point où la veine sous-claviére droite se jette dans la jugulaire.

C'est donc un fait démontré que, dans l'état normal de la circulation, le sang artériel du ventricule gauche est moins chaud que le sang veineux du ventricule droit.

Il est certain que cette perte de chaleur est due en grande partie au contact de l'air, généralement froid, qui entre dans le poumon, et à l'évaporation qui se fait dans cet organe. S'il en est ainsi, on doit, en faisant respirer de l'air chaud et humide à un animal, augmenter la température de son sang artériel, et si l'air est saturé et aussi chaud que le

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