TEMPÉRATURE DU SANG. — EXPÉRIENCE
sang veineux lui-même, amener entre les deux moitiés du cœur l'égalité de température. Je n'ai pu cependant y parvenir; mes expériences sont peu nombreuses il est vrai -, mais dans l'une d'elles j'ai employé de l'air plus chaud que le sang (environ 42 degrés), de l'air qui, renfermé dans une grande cloche renversée sur l'eau chaude, devait être à peu près saturé d'humidité, et cependant mon aiguille n'est pas encore revenue à zéro. Mais il y a tant de difficultés, vous l'avez vu, à constater hien exactement la température du cœur droit, que je suis loin de chercher une explication à ces faits curieux, et me contente d'appeler simplement votre attention sur ces expériences que je ne manquerai pas de reprendre.
Quoi qu'il en soit, il reste acquis définitivement que les phénomènes de la respiration sont de deux ordres bien distincts : les uns, qui se passent dans le poumon même, consistent dans la sortie de l'acide carbonique hors du sang, et dans l'entrée concomitante de l'oxygène de l'air ; les autres ont pour théâtre le sang lui-même, dans les vaisseaux qu'il parcourt, ouïes tissus dans les profondeurs desquels il se répand. Ceux-ci consistent clans l'épuisement de l'oxygène, dans la formation de l'acide carbonique.
La plupart des auteurs voient dans ces derniers phénomènes une série d'oxydations, cà la suite desquelles la molécule de carbone, serrée de plus en plus près par l'oxygène du sang, finit par se convertir en acide carbonique. Mais pour d'autres, et Robin avec Verdeil (1) sont les principaux fauteurs de ces idées, l'acide carbonique serait le produit non point d'oxydations, mais de phénomènes de dédoublement, de contact ou d'autres analogues, phénomènes dont la nature et les
(4) XXV, t. H, p. 51-63.
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résultais ne nous sont pas connus. C'est, comme on le voit, le développement des idées de Spallanzani, idées queCollard de Marligny (1) avait à nouveau exprimées. L'oxygène est comme le promoteur de ces actes qui, une fois l'impulsion donnée, peuvent se continuer sans lui.
Je n'insiste pas sur ces données; nous allons, dans notre prochaine leçon, étudier des faits et exécuter des expériences qui ont un rapport direct avec celle manière devoir.
Quant aux phénomènes intra-pulmonaires, auxquels il faudrait peut-être réserver exclusivement le nom de phénomènes respiratoires, ils consistent, avons-nous dit, en un échange, dans lequel l'oxygène entre et l'acide carbonique sort.
Quelle peut êlre la raison de cette pénétration et de celle exhalation ?
Valentin el Brùnner (2) ont essayé de l'expliquer par les seules lois de la diffusion des gaz. On sait que deux gaz, sous pressions égales, séparés par une membrane poreuse, diffusent jusqu'à ce que leurs volumes échangés soient en raison inverse des carrés de leurs densités. Il résulte immédiatement de cette loi qu'il doit sorlir moins d'acide carbonique qu'il n'entre d'oxygène, et que par conséquent le volume de l'air doit diminuer par la respiration. Ceci est d'accord avec une antique observation de J. Mayow, renouvelée depuis par tous les physiologistes.
Malheureusement, cette théorie ne peut se soutenir. D'abord, la loi des diffusions n'a pas été vérifiée avec des membranes animales ; ensuite, dans l'échange pulmonaire, il ne s'agit pas de deux gaz libres, mais d'un gaz libre et d'un