‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 34 sur 289 · XXIX · texte numérisé non relu

XXIX

(3) xxx,

d'acide carbonique qui sort, dans un temps donné, du sang, peut considérablement varier lorsque varie la tension de ce gaz dans l'air que contiennent nos poumons.

Mais n'intorviendrait-il pas, dans la séparation de l'acide carbonique du sang pendant la traversée pulmonaire, quelque agent autre que l'absence ou la faiblesse de la pression extérieure de ce gaz? Ou, du moins, la tension intra-sanguine de cet acide aériforme ne peut-elle pas être augmentée en quelque façon au moment où le sang circule dans les capillaires du poumon ; en d'autres termes, n'existerait-il pas, dans le poumon, quelque substance, quelque acide, qui rendrait libre une partie de l'acide carbonique, que l'on sait être combiné avec les alcalis du sang?

Des expériences remarquables de Claude Bernard (1) semblent donner à cette hypothèse un appui. Quand on injecte rapidement dans la veine jugulaire d'un lapin une dissolution saturée de bicarbonate de soude, on voit mourir trèsvite l'animal, et, à l'autopsie, on trouve dans les vaisseaux pulmonaires une grande quantité de gaz ; ce gaz ne peut être que de l'acide carbonique qui, devenant trop rapidement libre, tue par voie mécanique l'animal, en arrêtant la circulation, comme le ferait un simple injection d'air.

Est-il absolument nécessaire d'invoquer pour cette sortie de l'acide carbonique l'intervention d'un acide? Non sans doute, puisque les expériences d'H. Rose ont montré que les bicarbonates alcnlins en dissolution se décomposent, se dissocient, comme on doit dire aujourd'hui, dans le vide. Cependant l'idée de l'existence d'un acide était la plus naturelle. Aussi était-elle venue d'abord à Mitscherlich, Gmelin et Ticdemann (2) , qui pensèrent qu'au contact de l'oxy-

(1) XXXI, p, 222.

Page 1