‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 39 sur 289 · TISSUS VÉGÉTAUX COLOKÉS DN VERT · texte numérisé non relu

TISSUS VÉGÉTAUX COLOKÉS DN VERT

De Saussure avait déjà lait ces expériences, et je ne parlerais pas des miennes, si ce célèbre observateur n'avait avancé que la quantité d'acide carbonique produite dans ce cas est toujours égale à celle de l'oxygène absorbé, égalité qui constituerait, en soi, un fait fort extraordinaire et que je n'ai jamais rencontré.

Maintenant, l'ccorce verte de ces jeunes branches de lilas, immergée dans de l'eau chargée d'acide carbonique et exposée en plein soleil, donne lieu au dégagement d'une petite quantité de gaz qui se trouve être de l'oxygène pur.

Une analyse plus détaillée du phénomène montrerait, sans doute, que c'est dans cette écorce la matière verte que contiennent les cellules qui opère cette décomposition. Je dois cependant dire que la preuve directe de ceci n'a pas été donnée. J'ai maintes fois essayé, en broyant dans un mortier des plantes vertes, puis en employant soit la pulpe ainsi obtenue, soit le suc chargé de grains de chlorophylle, d'avoir, en présence de l'acide carbonique, un dégagement d'oxygène. Il semble que la chlorophylle ait besoin, pour agir, de l'intégrité de la cellule où elle est contenue :' c'est là un sujet intéressant qui appelle de nouvelles études.

Mais la certitude du rôle de la chlorophylle se conclut par voie indirecte de ce fait, que tous les végétaux où elle fait défaut (les champignons, les orobanches et quelques autres phanérogames parasites), que toutes les parties des végétaux ordinaires dont l'enveloppe n'en contient pas (fleurs, fruits mûrs, bulbes, racines, etc.), se conduisent dans l'air comme le bois.

Je veux vous citer, à titre d'exemple, le fait suivant : Un oignon de jacinthe, baignant dans un peu d'eau, a été place sous une cloche renversée elle-même sur l'eau II y a été laissé pendant quelques jours, exposé durant la pi

P. BKRT, — JiKSP.

riode diurne a la lumière directe. L'oignon a poussé des feuilles un peu étiolées de h à 5 centimètres ; à ce moment, l'air de la cloche ne possédait plus pour 100 que 1,4 d'oxygène, et contenait, malgré la présence de l'eau, 7,4 d'acide carbonique.

Une plante ordinaire, exposée au soleil, peut donc être, à notre point de vue, considérée comme composée de deux substances différentes : toutes les parties non vertes, qui absorbent l'oxygène et forment l'acide carbonique; toutes les parties vertes, qui décomposent l'acide carbonique et restituent l'oxygène. Pendant l'insolation, ces deux actions simultanées se combattent, et les modifications extérieures de l'atmosphère représentent leur résultante; si l'une est considérée comme positive, l'autre sera négative, et voilà pourquoi j'ai dit que la respiration des plantes est la somme algébrique de la respiration de leurs parties constituantes. Aussi, la valeur et le signe de cette somme changent avec les circonstances. Que le soleil cesse d'envoyer directement ses rayons, la réduction de l'acide carbonique diminue, la plante produit moins d'oxygène, puis n'en produit plus, et enfin, l'obscurité devenant plus complète, elle exhale dans l'air tout l'acide carbonique qu'elle puise dans le sol ou que ses tissus produisent, et absorbe maintenant l'oxygène de l'air. Que, chez une plante considérée dans son ensemble, les parties non colorées en vert soient suffisamment considérables; que^ surtout, les actes chimiques dont ces parties sont le siège soient suffisamment actifs, et les mêmes phénomènes apparaîtront. Ainsi, deux jacinthes avec leurs feuilles bien développées, mais sans fleurs, ont été placées sur l'eau, sous deux cloches, cl exposées à l*ardeur du soleil pendant quatre heures; l'air des cloches ne contenait plus, pour l'une que 18,8, pour l'autre que 18,0 pour 100

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