‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 40 sur 289 · TISSUS VÉGÉTAUX COLOUÉS LIN VERT · texte numérisé non relu

TISSUS VÉGÉTAUX COLOUÉS LIN VERT

d'oxygène; les proportions d'acide carbonique étaient de 1 ,3 et de 0,8. C'est, pour le dire en passant, un fait curieux que de voir des plantes libres et munies de feuilles vertes, comme les jacinthes, se conduire pendant toutes les phases de leur existence qui sont consécutives au développement de l'oignon, se conduire, dis-je, comme un animal, ou comme une plante parasite à feuillage coloré.

Pendant l'obscurité, la matière verte elle-même, la chlorophylle, absorbe-t-elle de l'oxygène, respire-t-elle à la façon des substances végétales non vertes? C'est une question dont je ne sache pas que la solution rigoureuse soit donnée, à cause de la difficulté d'isoler cette matière verle. Tout ce que je puis vous dire, c'est qu'ayant placé à l'obscurité, dans un petit espace d'air, en présence d'un peu d'eau, des feuilles vertes membraneuses et minces, j'ai constamment observé, après quelques jours, les feuilles paraissant bien fraîches, l'absorption d'une petite quantité d'oxygène et la formation d'une petite quantité d'acide carbonique ; mais ce n'était pas là de la chlorophylle isolée.

Je vous rappellerai, avant de quitler ce sujet, que je ne pourrais traiter à fond sans m'écarler un peu de mon bul, que l'on sait aujourd'hui quels sont les rayons du spectre les plus favorables à la réduction de l'acide carbonique par les parties vertes. Cloëz et Graliolet (1), qui expérimentaient avec des verres colorés, les ont rangés comme il suit, dans l'ordre décroissant de l'action réduc Irice

Verre incolore dépoli ; verre jaune, verre incolore transparent, verre rouge, verre verl, verre bleu.

Tissus animaux. — Chez les animaux, dont nous allons maintenant nous occuper plus longuement, nous ne rencon-1

(1) XXXV, p. 12.

trerons la même difficulté que dans un cas particulier, celui d'animalcules colorés en vert, lesquels, comme l'a montré Morren, se conduisent, au total, comme des végétaux. Sauf cette exception, sur laquelle nous reviendrons, sans doute, plus tard, nous trouvons que, chez tous les animaux, toutes les parties du corps, à la lumière comme à l'ombre, absorbent de l'oxygène et exhalent de l'acide carbonique.

C'est à Spallanzani que l'on doit la démonstration complète de cette vérité (1).

Dans les quatre volumes que ce physiologiste a consacrés à l'étude spéciale de la respiration, on trouve, répétées avec une admirable patience, des expériences par centaines, pour lesquelles ont été mis à contribution des êtres appartenant à tous les groupes de la série animale: vers de terre, mollusques, crustacés, insectes, reptiles, oiseaux et jusqu'à l'homme. Non-seulement Spallanzani constate et démontre cet échange de gaz qui constitue le fait principal, mais il en étudie les modifications d'intensité dans des circonstances diverses, telles que les différences de température, de richesse oxygénée du milieu, etc.

On est vraiment étonné de voir la plupart de nos livres de physiologie rapporter à Georges Liebig (2) le mérite d'avoir constaté le premier La respiration des tissus. Et ce pendant G. Liebig n'a fait d'observations que sur le tissu musculaire, tandis que Spallanzani avait étudié les altérations de l'air par la plupart des tissus constituants, par le sang, par la peau et par tous les appendices si variés qui la revêtent et la protègent chez les divers animaux (poils,

(1) XVIII ut xix.

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