ÉCHANGES GAZEUX DES TISSUS ET DU SAING
le tissu pour se l'approprier. De même, l'acide carbonique formé dans ce tissu, et qui emprunte pour s'échapper la voie du liquide sanguin, ne s'y trouvera que partiellement en dissolution; l'affinité qui devra l'engager en combinaison tend donc à faciliter sa sortie des tissus.
On voit ainsi qu'il y a, dans l'histoire de la respiration, deux phases bien distinctes. Dans la première, le milieu ambiant, air ou eau aérée, entre en rapport, en conflit, avec le liquide nourricier, lui fournit de l'oxygène, et en reçoit de l'acide carbonique en excès. Ce sont là les actes auxquels on attribue exclusivement d'ordinaire le nom de respiration; ils ne se passent généralement que dans un lieu déterminé du corps, par le jeu d'appareils spéciaux. Puis viennent les phénomènes intimes, les plus importants, car les premiers n'en sont que les voies et moyens : l'oxygène est dans le sang, et les tissus l'y prennent : c'est la respiration élémentaire.
La première phase, la phase à manifestations extérieures, a été le sujet d'une quantité de travaux innombrables ; aussi est-elle bien connue. La seconde l'est à peine, et c'est pour l'éclairer en quelque façon que nous avons entrepris les expériences relatées dans les deux précédentes leçons. Nous y avons vu que les divers tissus se comportent avec une énergie différente, et les expériences dans lesquelles nous avons mis en présence des tissus et du sang (voy. p. 48) sont venues donner plus de crédit à celles dans lesquelles les tissus respiraient dans l'air.
Des faits récents, dont'la découverte est due à Pasteur (1), sont venus jeter un jour singulier et inattendu sur la manière dont se comportent les tissus en présence de la com-