ÉTAT DE C02 DANS LE SANG
de l'oxygène font voir que l'acide carbonique est à la fois dissous et combiné dans le sang.
Des calculs analogues à ceux qui précèdent donnent 0,965 pour le coefficient de solubilité, à 16°, 1, chiffre un peu moindre que pour l'eau pure (0 9753, selon Bunsen). Quant à la partie du gaz indépendante de la loi de Dalton, elle est de 0,595 pour l'unité de volume. Celle-ci, saturée, absorbe donc 1,560 d'acide carbonique, dont les trois cinquièmes environ sont simplement dissous : l'influence de la pression est donc ici beaucoup plus considérable que dans le cas de l'acide carbonique.
Il est à regretter que Fernet n'ait pas répété avec l'azote une série d'expériences semblables. Mais les résultats d'autres expériences permettent de considérer l'azote comme simplement dissous dans le sang, fait en harmonie avec ses propriétés chimiques.
Cependant nous ne pouvons nous arrêter là. Il faut maintenant que nous sachions à laquelle des deux parties facilement isolables du sang, je veux dire au sérum, d'une part, aux globules de l'autre, se trouvent unis chimiquement le gaz acide carbonique et le gaz oxygène.
Ce sont encore les travaux de Fernet qui nous serviront de guide ; car il a répété avec le sérum sanguin les expériences faites sur le sang tout entier, et dont les résultats viennent d'être exposés.
Parlons d'abord de l'acide carbonique. Fernet a montré qu'à 15°, 2, le coefficient de solubilité dans le sérum est de 0,989, tandis que la quantité absorbée par l'unité de volume, indépendamment de la pression, est 0,/i709 : en tout 1,4599. Ces chiffres sont peu différents de ceux que nous a fourni l'étude du sang muni de ses globules.
Quant à l'oxygène, nous trouvons un résultat tout autre ;
non pas pour le coefficient de solubilité, car il est sensiblement identique (0,0288 à 16°, 8) avec celui du sang complet, mais pour la partie combinée, qui n'est représentée, dans l'unité de volume, que par 0,00117, au lieu de 0,0957.
Ainsi, tout ou presque tout, l'acide carbonique chimiquement retenu dans le sang est combiné avec le sérum, tandis que toutou presque tout l'oxygène chimiquement retenu est combiné avec les globules.
Allons encore plus loin, et demandons-nous sous quelle forme, à quel état, sont maintenus ces gaz, avec quelle substance chimique, avec quel principe immédiat ils entrent ainsi en composition.
Pour ce qui est de l'acide carbonique et du sérum, la méthode et les chiffres de Fernet peuvent encore fournir les éléments désirables.
En effet, ce chimiste considère la manière dont se comportent, sous le rapport de l'absorption par simple dissolution ou par combinaison chimique, l'acide carbonique, l'oxygène, l'azote, vis-à-vis de dissolutions convenablement titrées des trois principaux sels du sérum : carbonate de soude, phosphate de soude, chlorure de sodium, et vis-à-vis du sérum lui-même.
Il trouve ainsi, par une série d'expériences identiques avec celles qui ont été plus haut rapportées : 1° que l'addition de ces sels à l'eau distillée, dans la proportion où ils se ren contrent dans le sérum, diminue un peu le coefficient de solubilité pour cette eau ; 2° que l'azote est simplement dissous; 3° que le chlorure de sodium ne joue aucun rôle chi mique dans l'absorption des gaz; li° que l'acide carbonique se combine, au contraire, avec le carbonate et le phosphate de soude; 5° que le sérum se conduit, par rapport à l'acide carbonique, comme une double solution de ces deux der