‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 80 sur 289 · SANG DE DIVERSES ARTÈRES · texte numérisé non relu

SANG DE DIVERSES ARTÈRES

peuvent peut-être jouer le rôle de ferments. A priori, il me répugnait d'admettre que de pareilles différences pussent exister entre le sang de l'artère rénale et celui de la crurale, à 20 centimètres de dislance, quand ce sang, dans ces vaisseaux, a mis moins d'une seconde pour arriver d'un de ces points au point le plus éloigné. Si l'absorption de l'oxygène se fait dans le sang avec cette rapidité, quelle confiance pouvons-nous avoir dans nos procédés d'analyse, qui nécessitent tous que, pendant plusieurs secondes, le sang demeure dans la seringue qui l'aspire lentement?

Mais si le résultat était en lui-même étonnant, je déclare que les preuves dont il était étayé m'ont paru bien insuffisantes. Le tableau que fournissent Estor et Saint- Pierre ne contient, en effet, que les chiffres fournis par :

1 analyse du sang de l'artère carotide. 3 — rénale.

3 — splénique.

à — crurale.

En total, onze analyses pour déterminer la valeur hiérarchique de quatre facteurs ; c'est, on en conviendra, bien peu. Mais ce n'est pas tout : sur ces onze analyses, cinq sont empruntées à Claude Bernard, les six autres seulement appartenant aux auteurs, et parmi celles-ci une seule se rapporte à la rénale, aucune à la carotide. Que si, maintenant, nous examinons les choses de plus près, nous voyons que les expériences dont les résultats sont enregistrés dans ces tableaux, avaient été entreprises pour des motifs tout différents de la question soulevée par Estor et Saint-Pierre, et n'avaient jamais été conduites d'une manière comparative en s'entourant de toutes les précautions nécessaires pour égaliser les causes d'erreurs. Les expériences citées de

Claude Bernard, par exemple, ont été exécutées à plusieurs années d'intervalle.

Je déclare, quant à moi, que le chiffre de onze expériences faites comparativement entre les deux sangs qui occupent les deux extrémités de la série, le sang de la carotide et celui de la fémorale suffiraient à peine pour me faire admettre quelque chose d'aussi énorme qu'une différence de 21 à 7 dans la quantité d'oxygène. Mais ces expériences venant de sources diverses, faites sur des animaux placés, sans qu'on en tienne compte, dans des conditions différentes, exécutées sans préoccupation de comparaison exacte, constituent, à mon sens, un ensemble factice qui me paraît dénué de valeur; et il a fallu un grand effort d'esprit pour arriver à en tirer d'aussi graves conclusions. Aussi n'ai-je pas été étonné d'apprendre que Hirschmann et Sczelkow (1), cherchant, en Allemagne, à vérifier les résultats d'Estor et Saint-Pierre, n'aient rien pu obtenir qui concordât avec ce que ces physiologistes avaient avancé.

Passons maintenant à l'étude comparative de l'influence des conditions diverses.

Température. — Cl. Bernard a montré depuis longtemps, — je vous l'ai déjà dit, — que plus le sang est froid, moins il absorbe d'oxygène; ce fut même là l'argument le plus important qu'on eut pendant longtemps pour soutenir que l'oxygène était en combinaison et non en dissolution dans le sang.

Ainsi la richesse oxygénée du sang doit, chez les animaux à sang froid, augmenter avec la température ambiante qui devient bientôt leur température propre. Cet oxygène plus abondant active la nutrition des tissus, sur laquelle agit

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