LXIX
i2U GAZ DU SANfi (ANALYSES QUANTITATIVES).
Cependant tout cela ne suffît pas ; il faudrait analyser comparativement le sang artériel d'animaux de môme espèce, placés dans des conditions d'ailleurs identiques, mais dont les uns seraient soumis à la pression normale, d'autres, au contraire, seraient placés depuis quelques minutes, quelques heures, quelques jours, dans une enceinte où un courant régulier d'air aurait été entretenu, sous une diminution de pression constante et bien déterminée; ou encore, d'analyser le sang d'un même animal placé alternativement à la pression normale et à diverses pressions diminuées.
La même série d'expériences devrait encore être faite en faisant intervenir les augmentations de pression. Mais j'attacherais moins d'importance à celle-ci, parce que, sauf dans des circonstances tout à fait exceptionnelles, l'homme ne se soumet pas à de fortes augmentations de pression, et dans tous les cas, qu'il n'y vit jamais régulièrement; tandis qu'il existe des milliers d'hommes, dans l'Asie centrale, dans l'Amérique centrale et méridionale, sur certains points de l'Europe même, qui sont soumis pendant toute leur vie, que dis-je! dont la race tout entière est soumise, depuis des siècles, à l'influence d'énormes diminutions de pression. Cette face de la question intéresse donc non-seulement la physiologie, mais la pathologie, la thérapeutique, l'hygiène des peuples et, jusqu'à un certain point, la politique. C'est, pour le dire en passant, ce qu'a parfaitement compris le docteur Jourdanet.
Mais, pour en arriver à faire ces expériences, il serait nécessaire d'avoir à sa disposition des appareils vastes et coûteux que nous ne pouvons un instant songer à installer avec les ressources de nos laboratoires français. Fallait-il pour cela rester complètement désarmés, et quelque procédé indirect ne permettrait-il pas d'apporter dans cette question