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INFLUENCE DE LA PRESSION DE L'OXYGÈNE

capitale l'appoint tant désiré d'expériences physiologiques? Je ne l'ai point pensé.

Pour augmenter la pression qu'un gaz contenu dans un mélange gazeux exerce sur un liquide, pression de laquelle dépend sa dissolution dans ce liquide, il y a, comme on sait, deux méthodes : ou bien augmenter la pression totale du mélange, ou bien augmenter, dans le mélange, la proportion du gaz considéré. On agirait inversement pour diminuer la pression. Je vous rappelle, en effet, ce principe de physique : lorsqu'une atmosphère composée de plusieurs gaz est en contact avec un liquide, chacun des gaz se dissout dans le liquide comme s'il était seul et qu'il possédât la force élastique qui lui est propre dans l'atmosphère actuelle.

Ne pouvant, faute d'appareils, augmenter ou diminuer la pression totale de l'air, je puis obtenir des effets analogues en augmentant ou diminuant la proportion d'oxygène que contient cet air.

Voici le procédé expérimental que j'emploie : trois cloches tubulées d'égale capacité (environsixlitres) sont pleines, l'une d'air ordinaire, l'autre d'oxygène, la troisième d'un mélange (oxygène 10, azote 90), et renversées sur l'eau. Je prends un chien de grande taille sur qui 60 grammes de sang artériel (quantité nécessaire pour trois expériences) peuvent être enlevés sans un trouble dont on doive tenir compte; ce chien est attaché et son artère fémorale est mise à nu.

Je lui adapte alors une muselière élastique et fermant hermétiquement (1), qui se termine par un large tube qu'un caoutchouc très-court peut mettre en communication avec le tube qui traverse la tubulure d'une de nos cloches. Cela fait, l'animal étant fort calme, je lui fais respirer pendant

(l) C'est une modification de la muselière employée quotidiennement dans le laboratoire de Cl. Bernard pour l'ancsthésie des chiens.

cinq minutes l'air ordinaire de la première cloche ; puis, tandis qu'il respire, j'extrais de sa fémorale 25 centimètres cubes de sang, que je mets aussitôt en rapport avec 22 centimètres cubes d'oxyde de carbone. Pendant dix minutes alors, je laisse l'animal respirer à l'air libre ; puis je lui fais respirer l'oxygène de la deuxième cloche ; après dix mi-

Fig. 7. — Chien respirant un mélange gazeux.

nutes, même soustraction d'un sang qui paraît notablement plus rouge que le premier. A nouveau, dix minutes de repos, puis respiration pendant deux minutes seulement, dans la troisième cloche ; le sang tiré apparaît beaucoup plus foncé que dans la première saignée. Les trois tubes contenant les mélanges, en volumes semblables, d'oxyde de carbone et de sang, sont agités semblablement, et placés à côté l'un de l'autre, dans des conditions générales identiques.

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