INFLUENCE DE LA DIMINUTION DE PRESSION
sous cloche, d'un mineur placé dans les tubes à pression, en acquiert une certaine quantité.
Mais vous voyez combien ces expériences sont insuffisantes ; elles laissent, en effet, complètement de côté l'acide carbonique. Or c'est un point capital, et dont Jourdaneta, avec grande raison, fait ressortir toute l'importance, que de savoir comment la sortie de l'acide carbonique se comporte par rapport à celle de l'oxygène, à certains degrés de la diminution barométrique. Pour résoudre cette question, il faudrait, je le répète, posséder des appareils que nous sommes loin de pouvoir nous procurer. Mais elle est. trop importante pour que nous restions vis-à-vis d'elle dans un silence complet. A défaut d'expériences emportant preuve, je crois devoir vous donner la solution qui me semble la plus probable à raison des faits connus.
Très-vraisemblablement, lorsqu'un homme est soumis à une diminution croissante de pression, il arrive un moment où l'acide carbonique dissous dans son sérum s'échappe avec une abondance croissante, tandis que l'oxygène, fixé sur l'hémoglobine, ne peut encore en être séparé. Puis la pression diminuant encore, cet oxygène, à son tour, sort partiellement de sa combinaison, ou pour parler plus exactement, l'oxygène de l'air n'entre plus qu'en proportion moindre dans la combinaison. Ainsi, deux phases successives : phase de décarboniquation du sang d'abord, phase de désoxygénation du sang ensuite. Il faut peut-être aussi ajouter, comme le fait Jourdanet, avec qui je suis d'accord sur ces points importants : phase bienfaisante d'abord, phase redoutable ensuite.
Mais, je ne saurais trop le répéter, ce sont là raisonnements, vraisemblances, probabilités tout au plus. A quand l'expérience qui entraînera la conviction ? Qui viendra faire,
P. BERT. — HESP. 9
pour l'élude delà respiration sous diminution ou augmentation de pression, ce qu'a fait le roi de Bavière, fournissant à Peltenkofer tous les appareils nécessaires pour l'étude des produits de la respiration normale?
État de digestion ou d' abstinence. — Nous voici arrivés à des conditions dont nous sommes beaucoup plus facilement maîtres. La première qui se présente, la plus importante à coup sûre, est celle qui résulte de l'état de digestion ou de vacuité dans lequel se trouve l'animal.
Il est étonnant que l'importance de cette condition n'ait pas, dès le premier jour, frappé les physiologistes, et qu'ils n'aient pas cherché si elle a de l'influence sur la composition des gaz du sang; il est étonnant surtout qu'en présence de différences aussi grandes fournies par les expériences, ils ne se soient pas demandé s'il ne faudrait pas en chercher là l'explication si simple. Ils ont préféré tirer des moyennes d'un certain nombre d'expériences, procédé excellent quand toutes ces expériences ont été faites dans des conditions identiques, procédé déplorable dans le cas contraire, car il tend à tout confondre sous son apparente précision.
Je n'ai trouvé que dans Claude Bernard (1), un fait qui puisse nous mettre sur la voie de l'importance de la digestion. Un jour, il a fait l'analyse du sang d'un chien à jeun ; le lendemain, il l'a faite chez un autre chien en digestion. Mais son but n'était pas d'étudier l'influence de la digestion ;|il se contentait alors de comparer le sang artériel au sang veineux. Quoi qu'il en soit, voici les chiffres obtenus :
(1) XLl, t. I, p. 393.