‹ Leçons sur la physiologie comparée de la respiration [electronic resource]Chapitre 94 sur 289 · GO · texte numérisé non relu

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Extrait

par la pompe.

Lié.

Total.

Nous trouvons entre les quantités d'oxygène des différences considérables. Ainsi le sang de l'herbivore serait beau-

(1) L1X cl XL1V, p. 229.

UHIMAUX D'ESPÈCES DIFFÉLÎENTES. l/l5

coup moins riche en oxygène que le sang du Carnivore. Quant à l'acide carbonique, je ne vois guère à signaler que la plus grande quantité d'acide lie chez les moutons et chez les chiens.

Mais ici apparaissent toutes les causes d'inégalités qui résultent d'expériences non conduites comparativement, d'animaux non placés dans des conditions identiques, enfin et surtout, d'expérimentateurs divers. Les auteurs dont je parle ne s'étaient point proposé, du reste, de comparer le sang d'animaux divers, mais de chercher à analyser, d'une manière complète, les gaz d'un sang de provenance quelconque, cherchant, en un mot, non le relatif, mais l'absolu.

J'ai fait, par la méthode de Cl. Bernard, un assez bon nombre d1 expériences pour étudier celte intéressante question delà richesse oxygénée du sang comparée chez divers animaux. Malheureusement, elles n'ont pu porter que sur des mammifères et des oiseaux ; les animaux à sang froid que j'ai pu me procurer, couleuvres et tortues, étaient de trop petite taille pour fournir une quantité suffisante de sang, et les temps ne sont pas arrivés où les animaux de nos ménageries pourront servir directement à l'expérimentation physiologique. Encore, parmi les mammifères, ai-je dù me restreindre au chien (carnivore) et au lapin (herbivore), tandis que pour les oiseaux j'ai choisi, pour des raisons que j indiquerai plus lard, le canard et le poulet.

L'artère choisie était la fémorale, assez grosse et facile à atteindre chez les oiseaux, en traversant la masse des muscles fessiers.

Or, voici les chiffres que m'a fournis l'expérience comparative la plus complète que j'aie pu faire ; il est assez délicat, on le comprend, de mener de front quatre expériences scm-

niables, les accidcnls (hémorrhagies ou ruptures d'artères) arrivant fréquemment chez les oiseaux ; et l'on ne peut songer sur le même animal (excepté sur un chien) à prendre, sans l'épuiser, deux fois de suite une certaine quantité de sang.

On a tiré à un coq 17 centimètres cubes de sang artériel, qui ont été agités avec 22 centimètres cubes d'oxyde de carbone. A un canard, on en a tiré 24 centimètres cubes, qui ont été agités avec 24 centimètres cubes du même gaz. Le sang du canard a paru notablement plus foncé en couleur que celui du poulet; les deux animaux avaient mangé, leur nourriture était la même, et leur jabot paraissait également plein.

Un lapin, ayant mangé, fournit 15", G de sang, qui fut agité avec 20"", 8 de gaz; enfin, on prit à un chien, également en digestion, 19 centimètres cubes de sang qui fut agité avec 22 centimètres cubes d'oxyde de carbone. Le sang du lapin était évidemment beaucoup plus foncé que celui du chien.

Le lendemain (vingt-deux heures après), la température ayant été de 13 degrés, on fait l'analyse des gaz surnageant le sang, et l'on trouve

On peut constater des différences considérables, et qui ont été en rapport avec ce qu'indiquait, à priori, le degré de rutilance du sang.

Dans une autre expérience, j'ai trouve entre le chien et le lapin, une différence de 11,3 à 9,2; un canard, observé en même temps, m'avait donné 9,8.

Chien . Lapin .

Poulet, Canard

ANIMAUX D'ESPÈCES DIFFÉRENTES. l/l7

Autre : lapin 12,32; canard 13,66 (en digestion). Autre : chien 19,80; canard 15,22 (à jeun). Autre : poulet 10,7; canard 8,8 (en digestion).

Ainsi, le sang d'un chien contient plus d'oxygène que celui d'un lapin ; le sang d'un poulet plus que celui d'un canard.

Ce dernier résultat m'a, je l'avoue, beaucoup surpris, et m'embarrasse fort. J'espérais obtenir le contraire et trouver là l'explication tant désirée de la résistance à l'asphyxie que présentent les canards comparés aux autres oiseaux. Il faut évidemment chercher ailleurs ; au reste, nous reviendrons sur ces faits.

Il serait intéressant d'étudier comparativement, au point de vue de la quantité d'oxygène contenue, le sang d'un chien nourri exclusivement de viande avec celui d'un autre chien nourri exclusivement de pain, de légumes, de graisse. Il est probable, en effet, qu'une bonne part dans les différences ci-dessus signalées doit être attribuée aux combustions intra-sanguines dont nous avons déjà appris à connaître la valeur ; mais la différence dans la quantité d'hémato-cristalline qui existe dans des volumes égaux de sang de chien et de sang de lapin, doit, sans doute aussi, entrer en ligne de compte.

Les chiffres que je viens de vous donner montrent que le sang artériel du canard se place à peu près au même niveau que celui du lapin, et notablement au-dessous de celui du chien. J'ai, une fois, cherché à comparer non plus le sang artériel, mais le sang du cœur droit chez un chien et chez un canard à jeun. J'ai pu tirer au canard 16 centimètres cubes de sang, en pénétrant, par la veine jugulaire droite, jusque dans le cœur. Or, les nombres fournis par

i*&8 GAZ DU SANG (ANAJCYSE6 QUANTITATIVES).

l'analyse sont très-remarquables. En effet, j'ai extrait du sang

Chez le chien 13, «J 1,9

Chez le canard 4,3 û,3

J'ai été extrêmement frappé par ce résultat qui montre, clans les tissus du canard, ou dans son sang, une utilisation de l'oxygène beaucoup plus grande que chez le chien. Nous devrons, si le temps nous le permet, recommencer cette expérience, et voir quels renseignements elle pourra nous fournir sur la théorie du plonger.

Enfin, j'ai établi comparaison entre le sang carotidien d'un chien adulte et celui de jeunes animaux de la même espèce ûgés seulement de quelques jours. J'ai toujours trouvé celui-ci beaucoup plus pauvre en oxygène; la différence, dans un cas, a été de 15 à 8. Ceci peut être attribué, soit à une moindre capacité du sang pour l'oxygène, soit au mélange du sang des deux cœurs qui s'opérerait encore. J'attribue, je dois le dire, peu d'influence à celte dernière cause -, car, en ouvrant le thorax de mammifères nouveaunés endormis par le chloroforme, j'ai vu les deux oreillettes présenter bien nettement, l'une la coloration veineuse, l'autre la coloration artérielle, et je crois que chez les nouveau-nés comme chez les reptiles, les chambres cardiaques, anatomiquement confondues, se séparent quand elles fonctionnent. Mais il reste le canal artériel.

Quoi qu'il en soit, il est certain que dans les vaisseaux des mammifères nouveau-nés, à cet âge si remarquable par la résistance à l'asphyxie, circule un sang beaucoup moins riche en oxygène que dans les vaisseaux des adultes. Nous reviendrons également plus tard sur les conséquences de ces faits.

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