Nouveau-né Muscles
Cœur .
sur ce que nous savons relativement aux produits de décomposition formés par l'activité de quelques autres organes.
Le docteur Flint, Américain, dit avoir constaté une augmentation de la cholestérine dans le sang renvoyé des centres nerveux au cœur. Ayant analysé comparativement le sang des artères carotides et des veines jugulaires, il trouva constamment un léger excès de cholestérine dans le sang de ces dernières. Il en conclut que la cholestérine est un produit de décomposition des centres nerveux par leur activité. Le même fait, selon Flint, aurait lieu aussi pour les troncs nerveux périphériques, quoique dans des proportions plus restreintes; ainsi, dans trois hémiplégiques, le sang veineux des extrémités non paralysées contenait, après un mouvement d'une certaine durée, plus de cholestérine que celui de» extrémités paralysées.
Sans vouloir mettre en doute les résultats annoncés par Flint, il n'est pas évident pour nous que l'augmentation de la cholestérine dans le sang des extrémités saines provienne directement de la plus grande activité des troncs nerveux, car beaucoup d'autres circonstances pourraient s'opposer, dans les muscles paralysés, à la formation de ce produit de décomposition, sans qu'il y ait lieu d'invoquer, comme cause immédiate du phénomène, l'absence de la transmission nerveuse. L'auteur aurait mieux prouvé sa thèse (à supposer que le procédé fût réalisable) s'il avait galvanisé les nerfs , en évitant les contractions musculaires et toute autre action mécanique d'influence problématique, et s'il avait vu, après la seule excitation des nerfs, une augmentation de cholestérine dans les veines correspondantes.
Fhnt fait suivre son mémoire de quelques considérations sur la provenance de la cholestérine dans l'organisme, qui, bien qu'hypothétiques, n'en sont pas moins remarquables en ce sens que personne, jusqu'à ce jour, n'avait entrevu la possibilité de contrôler chimiquement l'usure matérielle produite par le travail intellectuel, et que des recherches de
ce genre paraissaient devoir se soustraire encore pour longtemps à nos moyens d'observation. En effet, se demande le docteur Fliut, d'oià provient la grande quantité de cholestérine contenue dans la bile? Nous n'avons aucune raison de croire qu'elle se forme dans le sang. Le sang la trouve donc dans lès tissus spécialement destinés à la produire et qui en abandonnent continuellement un excédant au fluide circulatoire. Or nous savons que de tous les organes c'est le cerveau qui en contient la proportion la plus considérable; il est donc vraisemblable que l'activité des centres nerveux est liée à un mouvement matériel dont la cholestérine forme l'un des produits et que pareillement aux autres produits de décomposition de notre corps, une partie de cette substance, désormais inutile aux fonctions des tissus, est continuellement entraînée par le courant sanguin.
Pour donner à cette hypothèse un caractère plus positif, il y aurait une expérience assez simple à tenter: Comme la bile ne se forme pas seulement pendant la vie, à certaines périodes de la digestion, mais aussi après la mort (ainsi que nous avons pu nous en convaincre chez des lapins et des cochons d'Inde, tués par le curare et chez lesquels nous entretenions la respiration artificielle), ou pourrait, chez des animaux placés dans les conditions indiquées, exciter les centres nerveux, par exemple à l'aide du galvanisme, et examiner ensuite la quantité de cholestérine contenue dans la bile sécrétée pendant l'expérience. — Si le curare ou l'éther ne sufiisaient pas, comme nous le présumons eu effet, pour obtenir une insensibilité d'assez longue durée, telle que l'exige cette expérience, nous proposerions d'essayer sauf vérification préalable, l'application endermatique de la morphine combinée aux inhalations d'éther, moyeu anesthétique retrouvé tout récemment, après avoir été oublié pendant de longues années. Nous regrettons de n'avoir pu nous occuper encore de cette question.
Pour le moment, bien qu'il ne soit pas encore rigoureu-
sèment démontré que la cholestérine soit l'un des produits de décomposition fournis par l'activité des centres ou des nerfs périphériques, ne nous hâtons pas de rejeter entièrement l'hypothèse suggérée à Flint par ses expériences et rendue assez plausible par le fait que la cholestérine entre pour une proportion notable dans la composition du système nerveux.
Avouons du reste que nos connaissances sur les produits ultimes de la décomposition des nerfs et des muscles sont encore bien fragmentaires et que nous ne saurions user de trop de réserve en établissant nos conclusions sur les données quantitatives fournies par la chimie. Quant aux corps résultant de la décomposition des autres organes par leur activité, nous n'avons pas même d'hypothèse qui puisse nous éclairer sur leur nature.
Quoiqu'il en soit, logiquement nous devons admettre cette décomposition et l'on aura à s'occuper de la recherche des produits qui en résultent pour chaque organe en particulier. Les données isolées que nous possédons sur cette question et qui sont bien acquises à la science, convergent sans exception vers ce principe, que toute activité organique, toute manifestation de la vie, quelle qu'elle soit, est liée à une altération matérielle des tissus , déjà démontrée pour une foule de cas particuliers. Ainsi le nerf, d'après Funke, devient acide par une excitation prolongée qui équivaut au maximum de son activité (c spontanée ». Et si l'activité, en apparence la plus immatérielle, altère, use les organes, nous sommes forcés d'admettre une décomposition continuelle de notre corps, car il n'est pas un moment ou il reste sans activité. Ce que nous appelons « état de re^pos » n'existe jamais d'une manière absolue et ne se rapporte qu'aux organes qui servent à la vie de relation. Pendant ce repos apparent, plusieurs de nos organes continuent une activité sans relâche dont les proportions sont aptes à nous surprendre. Bernouilli qui , le premier, à soumis au calcul
le travail mécanique du cœur, évalue, selon Vierordt, la force vive fournie par le ventricule gauche à 0,54 kilogrammetres par seconde, ce qui fait 32,40 km. par minute et 46656 km. en 24 heures , le nombre des battements du cœur étant estimé à 60 par minute et à 86400 en 24 heures. Chaque pulsation du cœur est capable de déplacer de 4 centimètres une colonne de mercure de 200 millimètres. Même en admettant que le travail des autres parties du cœur soit inférieur à celui du ventricule gauche, nous arrivons, à l'aide de ces chiffres, au résultat étonnant que le cœur total élève son propre poids à plus de 150 mètres par minute. Aucune machine ne saurait en faire autant.
D'autre part la respiration met continuellement en jeu un grand nombre de muscles dont le travail , pour un acte respiratoire, déplaçant 600 cent. cub. d'air, a été estimé par Fick, d'après les données de Donders, à environ 0,63 km. L'homme respire environ 12 fois par minute, donc 720 fois par heure, et 17280 fois en 24 heures, ce qui équivaudrait à un travail total de 10886,4 km. par jour. D'après Scharling nous produisons 443,000 cent. cub. d'acide carbonique en 24 heures.
Aces mouvements s'exécutant sans relâche pendant l'état de veille et de sommeil viennent s'ajouter ceux de quelques autres organes (tube digestif, etc.), sur la mesure desquels nous n'avons aucune donnée. Mais les chiffres approximatifs que nous avons cités, suffiront pour donner une idée de la grandeur du travail accompli par l'organisme en repos.
Ce n'est pas tout. La chaleur animale se produit soit aux dépens des aliments , soit aux dépens du corps. Chaque mouvement est accompagné d'un dégagement de chaleur , représentant une fraction importante de la force vive engendrée par les décompositions chimiques des tissus, fraction qui n'est pas directement transformée en travail mécanique extérieur. Mais selon la définition généralement admise du travail mécanique il faut
PETSMIÈBE LEÇON.
admettre qu'une très-grande partie de la chaleur animale se produit « directement », c'est à dire sans avoir jamais été transformée en traA'ail mécanique. C'est cette partie importante et variable de la chaleur dont les frais de production doivent être ajoutés aux dépenses enumérées de l'organisme. On a essayé d'évaluer la quantité de chaleur dégagée par l'homme adulte en un temps donné. Barrai l'extime à 3,191,000 calories en 24 heures. Une partie de cette chaleur se perd par le rayonnement, une autre partie sert à réchauffer l'air que nous inspirons, les liquides froids que nous buvons, etc. Plus cette déperdition de chaleur est grande, plus le corps a besoin de nouveaux matériaux « combustibles », pour maintenir sa température au degré nécessaire à l'entretien de la vie. Dans le froid, le corps doit fournir plus de chaleur ; aussi dans les climats froids résiste-t-on moins à la faim, et le besoin de nourriture décroît-il à mesure qu'on s'avance vers les zônes plus méridionales. La même loi s'applique à la déperdition de calorique par le rayonnement. Les animaux de petite taille et les petits des animaux, offrant, proportionnellement à leur volume, plus de surface au rayonnement, perdent plus de chaleur que les animaux plus grands; aussi ont-ils proportionnellement un plus grand besoin de nourriture. Il serait tout-à-fait erronné de vouloir calculer, d'après ce que mange une souris, la quantité d'aliments nécessaire à un éléphant, en ne tenant compte que du volume relatif des deux animaux. En effet, l'éléphant perd proportionnellement beaucoup moins de chaleur que la souris, non seulement par ce qu'il est protégé par un épais épiderme, très-mauvais conducteur, mais principalement parce que la surface rayonnante, par rapport au volume de son corps, est beaucoup moindre que chez la souris. Le besoin de nourriture se subordonnera donc nécessairement à ces conditions.
A cette occasion je vous ferai remarquer qu'on a trèssouvent exagéré la quantité d'aliments qu'ont dû prendre
les animaux gigantesques de la faune antédiluvienne. Sans compter que beaucoup d'entr'eux étaient des animaux à sang froid, n'ayant par conséquent pas besoin d'une forte production de chaleur, les dimensions colossales de leur corps les préservaient d'une trop grande déperdition de calorique. — Les enfants mangent plus que les adultes; — que de fois u'entend-on dire que c'est pour suppléer aux besoins de leur croissance! Il n'est rien de plus inexact. Le surplus de nourriture que prend l'enfant, est bien plus considérable que ne le comporterait l'augmentation seule du poids de son corps. L'enfant mange davantage surtout pour être à même de réparer la perte de chaleur beaucoup plus grande dans son petit corps que chez l'adulte.
On voit donc que la quantité d'aliments nécessaire à la conservation de l'organisme, n'est par détérminée seulement par l'activité fonctionnelle et l'usure des tissus par le mouvement, mais aussi et très-essentiellement par la somme de chaleur que les animaux doivent produire pour se maintenir dans les conditions indispensables à l'entretien de la vie.
Mais outre les organes présidant au mouvement et à la calorification que nous avons considérés presque exclusivement jusqu' à-présent, notre corps se compose d'une foule d'autres appareils et d'autres tissus qui n'ont jamais à engendrer de force vive et qui ne paraissent pas nonpius contribuer essentiellement à la production de la chaleur ; ce sont les os, les glandes, les membranes muqueuses, etc. Tous ces tissus ne sont pas stables, leur matière s'use, s'altère sans cesse; — autre source de déperdition qui requiert un renouvellement proportionné. La vie, en somme, est une oxydation, une décomposition non interrompue, et notre corps serait bientôt réduit à zéro, si les gains réalisés par l'introduction de nouveaux matériaux de rechange, venus du dehors, ne contrebalançaient les pertes qu'il subit à chaque instant.
Voltz a trouvé que sans faire de mouvements, à jeun et sans évacuations sensibles, il perdait par heure 50 grammes de son poids. Dans l'air sec la perte est plus grande. Tout compris, l'homme adulte perd environ 2800 gr. de son poids par jour. Beaucoup d'animaux perdent, relativement à l'homme, presque le double; on a trouvé des différences s'élevant jusqu'à la proportion de 1,83 (pertes de l'animal) à 1,00 (pertes de l'homme).
De toutes ces pertes naît un état général qui affecte les centres nerveux d'une manière particulière et que nous reconnaissons par les sensations de la faim et de la soif. L'étude de ces sensations et les discussions qui ont été soulevées relativement à leur origine, soit dans les centres, soit à la périphérie, formeront le sujet de la prochaine leçon.
Sommaire : De la faim el de la soif. - Ces sensations sonl-elles d'origine locale on générale 1 - Perception de la faim dans l'estomac. - Exceptions. - Discussion des théories mécaniques de la faim. - Influence de la Tacuité et de la rcplétion de l'estomac, etc. - Hypothèse de Beaumonl. — Influence de la réaction acide du suc gastrique sur la production de la faim. - La faim persiste après la section de tous les nerfs sensibles de l'estomac. - Preuves de l'origine générale de la faim, Urées des phénomènes de l'inanition et de l'apparition de la faim chez le nouveau-né. - Preuves de l'origine générale de la soif.
Messieurs ,
Nous avons été conduits, par les considérations préliminaires exposées dans la dernière leçon, à admettre une usure continuelle de nos organes par la vie et une destruction de leurs éléments anatomiques, suite nécessaire de leur activité fonctionnelle. Cette usure et cette destruction sont causes de modifications importantes de la composition du sang. D' une part les produits de la décomposition chimique des tissus, corps désormais inutiles à la fonction de l'organe dont ils procèdent, sont emportés par le courant circulatoire; d'autre part les tissus appauvris, altérés dans leurs propriétés normales, empruntent au sang qui les baigne
les matériaux aptes à les reconstituer. De là une double altération de ce liquide : augmentation des corps excrémentitiels, inutiles à la vie, et diminution des éléments utiles et réparateurs des tissus. On conçoit que cette altération, arrivée à un certain degré, ne peut rester sans influence sur ce que nous appelons l'état général, ou, en d'autres termes, que les centres nerveux doivent subir l'impression du sang appauvri et réagir à cette impression par une sensation particulière et de nature générale.
J'appuie avec intention sur les effets seuls de Vappauvrissement du sang, car nos moyens actuels sont loin de nous mettre en mesure d'apprécier exactement l'influence exercée sur les fonctions générales par \ accumulatiooi dans le sang des matériaux usés par les organes.
Ai-je besoin de vous démontrer que les centres subissent en effet l'influence de la composition chimique du sang? Chacun de vous sait que les maladies qui sont accompagnées d'un excès ou d'un manque de certains éléments constitutifs du sang (comme la fibrine, l'eau, etc.), se caractérisent par des symptômes généraux , proportionnés à la gravité de l'altération sanguine.
Or les symptômes particuliers qui nous font connaître cet appauvrissement du sang résultant de l'exercice régulier de nos organes, sont ce que nous désignons sous le nom de sensations de la faim et de la soif.
A première vue, rien ne semble plus simple que de rapporter directement ces sensations à l'altération de la masse sanguine; mais les théories qui ont voulu assigner à la faim et à la soif une origine toute locale, n'ont pas fait défaut; nous aurons par conséquent à examiner en premier lieu la valeur de ces théories , et à démontrer ensuite , par des preuves plus positives, l'origine générale de la faim.
Les phénomènes de la faim prolongée et les altérations qui en résultent dans les tissus et dans les organes, appartenant plutôt à l'étude de la nutrition qu'à celle de la diges-
tion, nous ne ferons pas ici l'histoire complète de la faim et de la soif, nous bornant à rechercher les causes de la sensation subjective, avant la période à'ina7ntion proprement dite.
Et d'abord, on admet assez généralement que la faim est perçue dans l'estomac, premier argument en faveur de l'origine locale de cette sensation. Mais le siège d'une sensation prouve-t-il à lui seul que l'altération qui lui donne naissance, soit située dans l'organe d'oii part la sensation? Ne savonsnous pas au contraire qu'une altération des troncs nerveux (]ui réunissent l'organe en question avec les centres, ou une altération des centres nerveux eux-mêmes peuvent être perçues à la périphérie? La localité qui perçoit, n'est pas nécessairement celle qui engendre la sensation, car celle-ci pourrait même naître ailleurs, à la périphérie, et être rapportée à l'organe en question, dans notre cas à l'estomac, par action réflexe.
D'ailleurs, est-ce toujours vraiment dans l'estomac que nous sentons la faim? J'ai eu occasion d'interroger sur ce point un certain nombre de militaires, me tenant de préférence à des individus sans connaissances anatomiques, pour ne pas obtenir de réponses influencées par une localisation involontaire de la sensation. Plusieurs m'indiquèrent vaguement le cou ou la poitrine, 23 le sternum, 4 ne surent localiser la sensation dans aucune région déterminée, et 2 seulement me désignèrent l'estomac comme siège de la faim. C'étaient deux infirmiers, ayant par conséquent une teinte de connaissances anatomiques. Ces chiffres sont trop petits pour être concluants; ils montrent cependant que la localisation de la faim dans l'estomac n'a pas lieu chez tout le monde et que c'est au contraire l'estomac qui est le plus rarement désigné comme siège de la sensation.
On a dit que la faim se manifestait chaque fois que l'estomac ne renfermait plus d'aliments. La vacuité de l'organe en serait donc la cause véritable. Or nous savons déjà par les observations de Beaumont sur un Canadien atteint de
fistule stomacale (observations sur lesquelles nous aurons encore souvent à revenir) que l'estomac se vide complètement plusieurs heures avant le retour de la faim, laquelle ne se fait sentir que lorsque non seulement la digestion stomacale, mais aussi la digestion intestinale est achevée. Chez les animaux carnivores qui n'ont pas été trop abondamment nourris, la digestion stomacale peut être achevée déjà au bout de 4 à 5 heures; ordinairement elle l'est au bout de 6 à 7 heures, et pourtant les signes de la faim ne reparaissent que beaucoup plus tard. — Ce n'est donc pas la vacuité de l'estomac qui nous révèle le besoin de manger: à ce compte, les animaux herbivores n'auraient jamais faim. On sait en effet que p. ex. les cochons d'Inde mangent 3 ou 4 fois par jour , avec tous les signes de l'appétit , lors même que leur estomac est encore rempli des résidus des repas précédents. L'estomac des lapins est toujours plein ; il ne déverse une partie de son contenu qu'à l'arrivée de nouveaux aliments qui font naître des contractions du viscère. Il n'est possible d'évacuer entièrement l'estomac des lapins qu'en leur faisant avaler du gypse ou du sable; autrement les résidus alimentaires y séjournent sans se déplacer jusqu'à deux semaines. C'est ce que j'ai observé dans des expériences sur des lapins que je nourrissais par des injections de nutriments (substances directement assimilables) dans les veines ou dans le rectum. Les aliments dissociés et liquéfiés passaient peu-à-peu dans l'intestin, mais il restait toujours dans l'estomac une masse composée de résidus indigestes, ne donnant plus d'extrait nutritif et provenant essentiellement de la trame celluleuse des végétaux ingérés au dernier repas.
La sensation de la faim a été ensuite attribuée aux contractions de l'estomac vide, contractions qui en comprimeraient la membrane muqueuse et qui seraient perçues comme impression particulière. Mais outre qu' une compression de cette intensité est impossible dans l'estomac vide, puisqu'il
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manque la masse musculaire pour l'effectuer , les mouvements de l'estomac vide sont rares et beaucoup moins énergiques qu'ils ne le sont^^epdant la dig-estion. La compression de la muqueuse, inv6quçe p:ïu* l'hypothèse, est d'ailleurs bien plus prononcée dans l'estomac rempli d'aliments, et, en raisonnant ainsi, il serait difficile de comprendre comment certains animaux qui ont l'habitude de distendre démésurément leur estomac (comme p. ex. les marmottes), n'ont pas la faim la plus intense immédiatement après les repas.
On a cherché une cause plus directe de la faim dans la compression des nerfs sensibles des parois stomacales, produite par la rétraction de l'organe vide: .Cette hypothèse n'est pas plus justifiée que la précédente. Les contractions de l'estomac , vers la fin de la digestion , sont incomparablement plus fortes et devraient en comprimer bien plus énergiquement les nerfs sensibles que la faible rétraction qui s'opère quand il est vide. On sait que c'est surtout la portion pylorique de l'estomac qui , par ses contractions alternantes , chasse le chyme dans l'intestin vers la fin de la digestion. Ces contractions devraient donc , selon 1' hypothèse, reproduire périodiquement la faim quelques heures après chaque repas, ce qui n'a pas lieu.
On a invoqué encoi"©, une espèce de frottement continuel, de trituration des pittois de l'estomac vide, l'une contre l'autre, pour expliquèr ^la sensation de la faim. Nous savons aujourd'hui que rien de semblable n'existe chez les animaux à estomac membraneux et que chez les oiseaux à estomac corné la trituration n'a lieu que pendant la digestion. Encore cette trituration ne peut-elle réveiller aucune sensation, ' > puisque, chez les animaux en question, l'épaisse couche de tissu corné qui tapisse la cavité stomacale est entièrement dépourvue de nerfs. Il n'est pas rare de trouver dans l'estomac de ces animaux des pierres, des morceaux de verre cassé, dont la présence ne paraît éveiller aucune sensation désagréable.