TOME PREMIER
une autre espèce de sécheresse de la bouche, tenant de plu.s près à la paralysie de la corde du tympan et causée directement par la diminution de la salive du côté hémiplégique. La corde du tympan , comme je le démontrerai dans la suite, est le nerf qui transmet à la glande sousmaxillaira les impressions agissant par voie réflexe sur sa sécrétion, et dont l'excitation directe produit un abondant écoulement salivaire par le conduit de Wharton. — Après sa section, les agents qui, à l'état normal, provoquaient un écoulement copieux de salive sousmaxillaire, restent inactifs, et, sans tarir, la sécrétion de ce liquide n'est plus influencée par aucune excitation périphérique. On conçoit que dans l'hémiplégie faciale, suite de lésions du trajet pétreux de la septième paire, la condition pathologique dont je viens de parler, puisse entrer en jeu et se trahir par une insalivation moins parfaite du bol alimentaire. Je répète que jusqu'à présent cette distinction est purement théorique et que la sécheresse de la bouche , à elle seule , ne saurait en aucune sorte nous renseigner sur le siège de la lésion nerveuse. L'expérience aurait d'abord à décider, dans un cas donné , de l'existence ou de l'absence de la sahvation sousmaxillaire réflexe^ et c'est alors seulement que ce signe pourrait servir au diagnostic de la lésion de la corde du tympan.
Ce dernier point nous ramène au côté expérimental de la question. Les cas pathologiques que nous venons de passer en revue, nous ont oflert des symptômes assez analogues aux résultats obtenus par Bernard par la section de la corde du tympan dans le rocher et dans l'oreille moyenne. Ces résultats ne concordent cependant pas dans toutes leurs particularités avec ceux d'une autre série d'expériences, faites plus récemment sur le même sujet par Bifli et Morganti. Ces auteurs ont coupé la corde du tympan sur des animaux très-jeunes, en pénétrant, comme Cl. Bernard, par l'os pétreux, moins dur que chez. des animaux adultes et guérissant plus vite. Biffi et Morganti n'ont pas constaté de retard de
l'impression gustative, mais un affaiblissement notable des réactions provoquées par l'application des corps sapides sur l'un des côtés de la lang-ue. Le côté de la langue correspondant à la lésion de la corde du tympan percevait les saveurs, à en juger par les signes de dégoût que donnaient les animaux; mais ces signes étaient beaucoup moins prononcés que ceux que produisait l'expérience répétée de l'autre côté, quoique la rapidité de leur apparition fût la même.
Pour vous faire la démonstration des phénomènes ordinaires qui s'observent après la section Ulatérale de la corde du tympan, j'ai fait, il y a deux jours, cette opération sur un chien qui avait déjà subi précédemment l'extirpation des deux glosso-pharyngiens.
Voyons actuellement comment cet animal réagit aux excitations gustatives.
J'applique sur sa langue un peu d'acide tartrique. La langue fait quelques mouvements et l'animal donne des signes faibles mais indubitables de dégoût. La coloquinte également est perçue et produit immédiatement les réactions ordinaires, quoique moins vives qu'à l'état normal. L'animal retire le coin de ses lèvres, fait des mouvements de mastication, secoue la tête, se débat si l'on veut recommencer l'expérience, mais remarquez bien qu'il ne survient pas, chez lui, d'abondant écoulement salivaire comme chez les chats que nous avons examinés dans la leçon précédente. — Je donne au chien quelques morceaux de viande qu'il mange avidement; voici un morceau imprégné de décoction de coloquinte; l'animal le saisit comme les autres , mais le laisse retomber aussitôt avec dégoût. Je reprends le même morceau et je le porte au fond de sa bouche ; il l'avale sans aucune difficulté, parceque cette région est privée de goût, par suite de l'extirpation de la neuvième paire.
Il n'est pas douteux que chez ce chien les parties antérieures de la langue perçoivent les saveurs presque normalement; l'impression n'est pas retardée, mais peut-être un
■peu affaiblie, à en juger d'après le mode de réagir de l'animal. Cette sensibilité si évidente ne peut tenir qu'à l'intégrité du lingual, le seul nerf qui puisse encore transmettre des impressions gustatives, puisque le glosso-pharyngien et la corde du tympan sont coupés des deux côtés. — La plupart des expériences que j'ai faites d'après cette méthode m'ont donné le même résultat.
Je pratiquerai devant vous la section de la corde du tympan sur un chat, déjà privé depuis quelque temps des deux nerfs de la neuvième paire. — Vous voyez que l'animal réagit encore par une salivation abondante à l'introduction de corps amers dans sa bouche. Mis sous une cloche de verre avec une éponge baignée d'éther, il se passe quelque temps avant que la salivation recommence ; ce léger retard de l'action de l'éther tient probablement à ce que l'animal, soumis déjà plusieurs fois aux inhalations, y est plus ou moins accoutumé. — J'attendrai, avant d'opérer, qu'il soit devenu complètement insensible. Il chancelle, il tombe ; ses membres sont relâchés, et les attouchements de la conjonctive ne produisent plus de clignement de la paupière. — Je coupe la corde du tympan dans l'oreille moyenne, d'un côté puis de l'autre. Au moment oià j'ai traversé avec l'instrument la membrane du tympan, vous avez entendu un petit son sec particulier, analogue à celui que produirait la perforation d'un feuille de parchemin. L'irritation de la corde du tympan, au moment de sa section, se traduit maintenant par une plus forte salivation sous-maxillaire que nous devons laisser passer, avant de procéder aux expériences sur le goût. Différons cet examen jusqu'au réveil de l'animal.
Dans notre exposé des altérations gustatives observées dans la paralysie du facial, nous n'avons pas encore parlé des suites des lésions de la portion extracrânieune de ce nerf après sa sortie par le trou stylo-mastoïdien. — Vous vous étonnerez peut-être, messieurs, que nous ayons à nous occuper de ces lésions, en apparence étrangères à notre sujet,
puisque étant situées plus bas que l'origine de la corde du tympan, elles ne sauraient influer directement sur l'état nerveux de la langue. Nous verrons tout-à-l'heure par quelles hypothèses anatomiques on est arrivé néanmoins à admettre une influence directe des filets extérieurs de la septième paire sur le sens du goût. Quelque paradoxale que paraisse au premier abord cette assertion, je ne puis la passer sous silence, à cause des faits sur lesquels elle a été fondée et des conséquences qu'on en a tirées sur la séparation anatomique des nerfs gustatifs et sensibles de la langue.
Les premières données relatives à cette question se trouvent dans un mémoire de Stich. (1) publié en 1857 et comprenant une série d'observations sur des malades aflectés d'hémiplégie faciale. L'auteur affirme avoir constaté des troubles de la gustation dans des cas où la cause de la paralysie siégeait évidemment plus bas que l'origine de la corde du tympan. Chez neuf malades de cette catégorie, la sensibilité gustative se montra diminuée et en partie abolie sur le bord de la partie antérieure de la langue, du côté lésé; la perception des corps sapides, appliqués sur cette région, était ralentie et souvent indistincte. Du sel de cuisine y était perçu tantôt comme acide, tantôt comme corps sucré; de l'extrait de quassia y réveillait l'impression d'un acide, etc. , tandis qu'à la base de la langue et sur les bords du côté non affecté lès saveurs acides, amères, etc., étaient immédiatement reconnues par les malades. Chez l'un d'eux, le facial avait été coupé accidentellement au devant de l'oreille pendant l'extirpation d'une portion du maxillaire inférieur. Dans ses conclusions, l'auteur cherche à démontrer que l'altération du goût accompagne constamment les paralysies faciales de cause externe, et qu'elle ne se rencontre qu'excep-
0) Stich. Beitrœge zur Kenntniss der Chorda tympani. Annal, der Charilé; Berlin, 4837 pag. 39.
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tionnellement dans celles qui résultent de lésions du rocher. Voici comment il explique ces faits:
Dans son trajet à travers le rocher, le nerf facial recevrait, avec la corde du tympan, une partie des filets gustatifs des portions antérieures de la langue ; ces filets, au lieu de remonter au cerveau, accompagneraient le tronc du facial à sasortie par le trou stylo-mastoïdien et iraient se mêler aux anastomoses extracrânieunes de la septième et de la cinquième paire, pour retourner aux centres par la branche ma xillaire inférieure du trijumeau. Les lésions de la portion extracrânienne du facial, intéressant également les fibres sensibles en question, interrompraient donc nécessairement une des voies de transmission de l'impression gustative. De là l'affaiblissement du goût sur les parties antérieures de la langue.
Mais, à ne considérer que les possibilités anatomiques, l'hypothèse de Stich n'est pas la seule qui puisse, au besoin, s'adapter aux phénomènes décrits par l'auteur. On sait que la portion pétreuse du facial communique, par le nerf vidien, avec la seconde branche du trijumeau. — Les fibres gustatives, altérées dans les cas de Stich, pourraient donc cheminer dans la voie du lingual jusqu'à sou point de jonction avec la branche maxillaire inférieure, de là redescendre à la périphérie avec les nerfs auriculo-temporaux qui s'anastomosent avec les terminaisons du facial , entrer ensuite dans le tronc du facial et retourner au trijumeau par le nerf vidien.
Cette hypothèse, hâtons-nous de le dire, n'est pas plus justifiée que celle de Stich, mais elle nous dispense de faire passer les fibres gustatives dont il s'agit par la corde du tympan. Elle expliquerait en même temps les altérations du goût consécutives aux lésions de la portion pétreuse du facial, altérations que Stich est obligé de nier ou au moins de mettre en doute, pour sauver sa théorie.
Mais sans recourir à .des suppositions si peu vraisembla-
bles, nous savons que les lésions extracrâniennes du facial ne portent pas atteinte, dans la grande majorité des cas, à la perception normale des saveurs. Ainsi, dans un cas trèsremarquable d'hémiplég-ie faciale bilatérale, observé par Dupuytreu (et appartenant avec toute évidence à cette catégorie des paralysies périphériques) il est expressément dit que ni le goût ni l'odorat n'avaient subi la moindre altération (1). J'ai observé moi-même un assez grand nombre d'hémiplégies faciales extracrâniennes, dans lesquelles l'examen le plus attentif des parties antérieures et latérales de la langue ne laissait pas reconnaître la moindre altération de la sensibilité gustative, et je n'hésite pas à déclarer que l'intégrité du goût constitue la règle dans cette affection.
Voici un chat auquel j'ai réséqué, il y a 14 semaines, le tronc du nerf facial à sa sortie du trou stylo-mastoïdien, en arrière de la parotide. II n'y a pas de régénération, comme vous le voyez à l'immobilité de la moitié gauche de la face et aux tremblements qui agitent les poik de la moustache de ce côté (2) , tandisque les poils de l'autre côté de la lèvre supérieure sont parfaitement immobiles , quand l'animal ne les met pas a volontairement » en mouvement. De la décoction de coloquinte, appliquée alternativement sur les deux moitiés de la langue, en laissant toujours passer un temps suffisant entre deux apphcations, est perçue également bien et également vite des deux côtés. J'ai souvent fait cette expérience sur le chien, et j'ai obtenu le même résultat.
Sans vouloir mettre en doute l'exactitude des observations de Stich, je crois cependant devoir signaler à votre attention une circonstance qui, dans la paralysie faciale, peut contribuer à rendre l'impression gustative plus indistincte du côté lésé, sans qu'il y ait lieu d'invoquer une altération des nerfs du goût. Si, avant de déguster un corps, nous écartons artificiellement les joues , de manière à empêcher
(1) Voy. Ch. n«LL. The nervous syilem, elc. pag. 326. LondoD, <83G ;5« édiliou.
(2) Comparez pour ce fait ma Physiologie du sysl. nerv. pag. 179,
leur frottement avec les bords de la langue, l'impression sapide est notablement affaiblie et confuse. Il peut arriver, dans ces conditions, que l'on obtienne des personnes sur lesquelles on expérimente des indications tout-à-fait erronées sur la' saveur des substances qui, appliquées sur les bords de la langue -en contact avec les joues, sont normalement perçues un instant après. — Un auteur hollandais, Drielsma , ayant examiné le goût chez 6 individus sains , n'obtint que 18 fois sur 24 des indications exactes sur la saveur des corps appliqués aux bords de la langue, tenue immobile et isolée des autres muqueuses buccales; 6 fois la sensation produite ne correspondit pas à la saveur du corps appliqué, ou se trouva nulle au commencement pour ne se réveiller que beaucoup plus tard (1). —
Le mécanisme que je viens de caractériser est nécessairement dérangé dans l'hémiplégie faciale qui paralyse le buccinateur et empêche la tension de la joue. Les anomalies de la gustation, observées par Stich, tiendraient-elles à cette condition particulière, qui intervient plus facilement du côté paralysé de la bouche que du côté sain?
Quoiqu'il en soit, Stich ne considère la corde du tympan que comme une voie accessoire de l'impression gustative des parties antérieures de la langue et conserve au lingual et à la cinquième paire l'attribution de conduire la majeure partie de ces impressions.
D'autres auteurs sont allés plus loin , et ont placé dans la corde du tympan la totalité des fibres gustatives de cette région, ne réservant ainsi au lingual que des fonctions de sensibihté générale. Déjà Civiniui, dans une thèse de Pavic soutenue en 1842 , avait énoncé cette opinion. Baragiola . dans une dissertation italienne, publiée en 1847, se rangea du même avis. En 1864, Neumann fit connaître une observation pathologique dont il résulterait également que la
(I) A. Drielsma. Onderzœk over deo Zetel vau bet Smaakziuluig. Gi'oniugcn, ^859.
SIXiiîME LEÇON. 121
ooi'de du tympan est le seul nerf gustatif des portions antérieures de la langue, à l'exclusion du lingual.
Chez un malade affecté d'hémiplégie faciale (de cause rhumatismale?) Neumann constata, à l'examen électrique (1) l'abolition du goût sur tout le bord antérieur de la langue du côté lésé , à partir du milieu de la pointe jusqu'à un point très-exactement délimité de la base.
L'auteur communique, dans le même mémoire, deux autres observations d'abolition presque totale du goût sur les parties antérieures de la langue , coïncidant avec des lésions profondes du rocher qui rendaient excessivement probable la destruction de la corde du tympan. Dans ces deux cas il existait un écoulement purulent par le méat auditif externe, et la membrane du tympan était perforée. Le goût électrique, ainsi que la perception des saveurs amères, acides salées et sucrées étaient abolis sur le district antérieur du côté correspondant de la langue, à l'exception d'une trèspetite zône du bord antérieur dont la sensibilité gustative ne paraissait pas altérée. Pour justifier sa conclusion, l'auteur insiste particulièrement sur ce que, jusqu'à nos jours, la science n'a enregistré aucun fait qui établisse clairement l'existence de troubles de la gustation dans des cas de paralysie isolée du hngual, sans lésion simultanée de la corde du tympan.
Dans le travail déjà cité de Lussana et Inzani il est fait mention d'un cas analogue à ceux de Neumann. Un individu, opéré dans l'oreille moyenne par un charlatan, avait probablement subi la section de la corde du tympan. A la suite de cette lésion, les deux tiers antérieurs de la moitié correspondante de la langue avaient perdu le goût , tout en conservant parfaitement intacte leur sensibilité tactile et douloureuse.
L'observation la plus remarquable de cette série a été faite
(I) Voy. Leçon V, pag. 85.
également par Lussana, sur un chien qui avait subi depuis quelque temps l'extirpation bilatérale des glosso-pharyngiens, et auquel il coupa plus tard les deux cordes dn tympan, dans l'espace compris entre leur issue du rochei' et leur point de jonction avec le lingual. Chez cet animfil, le goût se montra entièrement aboli, tandis que les parties antérieures de la langue avaient conservé leur sensibihté tactile et douloureuse. Ce phénomène bizarre fut constaté aussi par les élèves de Lussana, que celui-ci avait pris soin de ne pas avertir pour ne pas influencer leur jugement.
Comment interpréter ce résultat, si différent de ce qui se voit ordinairement après la section de la corde du tympan? Le point choisi par Lussana, pour réséquer le nerf, auraitil donné lieu à des lésions concomitantes, en rapport avec les phénomènes observés? Ou bieu Lussana a-t-il raison d'admettre en principe, que la corde du tympan est le seul nerf gustatif du tiers antérieur de la langue? Assurément une seule expérience n'est pas suffisante pour justifier une conclusion de cette portée, et des recherches nouvelles sont nécessaires pour déterminer la circonstance particulière qui doit nous échapper dans l'expérience du physiologiste italien.
Examinons actuellement le chat que j'ai opéré devant vous il y a quelques instants. L'animal est revenu à lui et la salivation a cessé. — La position de la langue ne laisse apercevoir aucune déviation et ses mouvements sont normaux comme avant l'opération, ce qui a toujours lieu, lorsque l'hypoglosse est resté intact. C'est donc bien à tort que certains auteurs ont cru voir dans la corde du tympan un des nerfs moteurs de la langue. — Un fragment de coloquinte, mis en contact avec la langue du chat, provoque de failles signes de dégoût, et la salivation est presque nulle. L'éther n'augmente pas non plus ' l'écoulement salivaire. Les réactions que nous observons à l'heure qu'il est, démontrent que le goût n'est pas aboli, mais seulement diminué; ré-
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sultat qui est d'accord avec celui de notre première expérience.
Si nous essayons, messieurs, de résumer les points principaux qui ressortent des faits exposés dans cette leçon, il est une première conséquence qui n'aura échappé à aucun de vous, c'est que la séparation anatomique des filets gustatifs et sensibles de la langue — problème qui a formé le point de départ de notre discussion — n'est pas encore faite, et reste à faire. Mais tandis que l'observation clinique ne nous a fourni aucune donnée positive à laquelle nous puissions rattacher l'espoir de cette séparation, l'expérience de Lussana, citée en dernier lieu, nous en démontre au moins la possibilité, et c'est dans cette voie que la science expérimentale devra poursuivre la solution du problème. Les déductions suivantes qui se rattachent à cette question difficile et hérissée de données contradictoires, ne sont donc que provisoires et pourront trouver d'importantes modifications dans le démembrement expérimental des différents éléments qui la composent. Voici, pour le moment, ce qu'il nous est permis de conclure , avec une certaine vraisemblance, des faits dont nous disposons :
r La corde du tympan influe sur le goût des parties antérieures de la langue.
2° L'altération du goût que l'on observe après la section de la corde du tympan dans le rocher ou dans l'oreille moyenne, ne peut pas dépendre exclusivement de circonstances accessoires comme le défaut de la salivation sousmaxillaire, la sécheresse de la langue, etc.
3° L'influence de la corde du tympan sur le goût ne peut lui être communiquée par les origines de la septième paire qui sont exclusivement motrices.
4° La section centrale de la cinquième paire et l'extirpation des deux nerfs de la neuvième paire abolissant complètement le goût, les fibres gustatives de la corde du tympan doivent lui être communiquées par les anastomoses
intracrâniennes du facial avec le trijumeau; sinon, il faudrait admettre que les fibres gustatives de la corde du tympan sont constituées de manière à modifier par leur excitation la sensibilité gustative du trijumeau, et k ne pouvoir se passer elles-mêmes du concours du trijumeau pour transmettre une impression g-ustative. Ce serait, jusqu'à présent, le seul exemple connu d'un nerf sensible qui, par une disposition incompréhensible et sans analogie dans le reste du système nerveux, aurait besoin du concours d'un autre nerf sensible pour pouvoir exercer sa fonction.